En 1951 à Berlin, la jeunesse défiait les frontières de la Guerre froide

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En 1951 à Berlin, la jeunesse défiait les frontières de la Guerre froide

Chaque semaine, L’Avant-Garde revient sur une édition marquante du Festival mondial de la jeunesse et des étudiants. Cette fois-ci, direction Berlin, en 1951, pour une édition qui s’inscrit au cœur des tensions les plus vives de la Guerre froide.

Le contexte est explosif. Deux ans après le blocus de Berlin-Ouest et la fondation de la République démocratique allemande (RDA) en octobre 1949 dans le secteur soviétique d’occupation, le monde est déjà profondément divisé. La guerre de Corée (1950-1953) fait rage, et la menace nucléaire s’installe durablement dans les relations internationales. Face à cette montée des tensions, la jeunesse réunie à Berlin porte un mot d’ordre clair : « Paix et amitié contre les armes nucléaires », affirmant son refus d’un monde dominé par la logique des blocs et de la destruction.

Mais avant même d’arriver au festival, de nombreux participants doivent affronter des obstacles bien réels. La police ouest-allemande et l’armée américaine tentent d’empêcher les délégations internationales de traverser les zones occidentales pour rejoindre Berlin-Est. En réponse, des réseaux d’organisation se mettent en place pour faire passer clandestinement des jeunes, par petits groupes, à travers le pays. Ces passages ne sont pas sans danger : plusieurs incidents éclatent, et plusieurs jeunes sont blessés ou tués par la police de Berlin-Ouest alors qu’ils tentent de franchir la frontière.

Malgré ces entraves, la mobilisation est massive. Un rapport déclassifié de la CIA évoque jusqu’à deux millions de participants, un chiffre sans doute exagéré, mais qui témoigne de l’ampleur perçue de l’événement. Ils sont en réalité au moins des dizaines de milliers, venus de 103 pays. Parmi eux, plusieurs milliers de Français, dont Madeleine Riffaud, ancienne résistante, poétesse et journaliste.

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L’ouverture du festival, au stade Walter-Ulbricht, donne le ton. Aux côtés de Wilhelm Pieck et du maréchal et héros de Stalingrad Vassili Tchouïkov, les délégations internationales défilent devant des dizaines de milliers d’Allemands. Dans les tribunes, un même mot résonne : « Freundschaft ! » — amitié. Un symbole fort, au moment même où les frontières se ferment et où le monde se fracture.

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