Résoudre l’équation de l’insertion des jeunes sans rajouter d’euros dans la machine, telle est l’ambition du nouveau plan gouvernemental : « Emploi futur ». Un projet dévoilé par J.-P. Farandou, ministre du Travail, jeudi dernier. Pour cela, quatre ministères ont été mobilisés.
La volonté affichée est de répondre, notamment, au problème des jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en formation, ni en études, ceux que l’on appelle NEET. Environ 1,5 million, ces jeunes témoignent des problématiques de l’insertion professionnelle que connaît la France.
Dans le détail, ce plan comprend trois axes : l’accompagnement de l’orientation des jeunes, leur rapprochement de l’entreprise et du travail, et la prévention des ruptures de parcours.
Pourtant, en France, les jeunes quittant le système éducatif de manière précoce sont peu nombreux, et les études longues restent la norme. Le gouvernement le sait et mise donc sur les débouchés.
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Un plan sans grande nouveauté
L’InserScore et la création d’une application « 1JeuneDesSolutions » sont les principales pistes de ce plan, constitué sans argent magique ni planification économique. Un projet reposant sur un indicateur de débouchés basé sur certains critères : salaires médians, pourcentage de jeunes en emploi à l’issue de la formation notamment.
D’autres critères, d’autres mesures sont aussi présentés dans ce plan. C’est le cas de la sécurité, devenue enjeu national après la mort au travail de plusieurs jeunes. Quant à savoir si elle deviendra un critère de sélection, la question reste ouverte.
Reste que le gouvernement semble aujourd’hui avoir les mains liées. À l’origine de cette impasse : l’absence d’ambitions politiques. C’est ce qui ressort de la présentation comme nouveautés de dispositifs existants.
C’est le cas du « passeport de compétences », envisagé dans le plan. Son but : valoriser les parcours des jeunes. Le dispositif existe déjà, n’est pas neuf. C’est un CV « à valeur probante », validé par l’État, sur la base des informations remontées par les employeurs et dispositifs de formation.
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Une impuissance organisée
Si la volonté de s’emparer du sujet de l’emploi des jeunes est nécessaire, les solutions proposées traduisent la désorganisation du sommet de l’État, notamment en matière économique et de formation. Loin d’une révolution, ce plan sonne, dans ses premières notes, comme un aveu d’échec.
Car l’InserScore fait reposer l’orientation sur les choix des individus précédents. En fixant l’employabilité et la rémunération comme critère central de notation des formations, toute stratégie économique devient impossible.
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Derrière cette mesure anodine, que le gouvernement compte étoffer, ce qui apparaît donc est un double aveu d’échec. D’un côté, celui de l’impuissance étatique à infléchir la direction économique future, en la laissant aux mains des besoins locaux des entreprises. De l’autre, celui de l’incapacité à proposer une planification des formations qui réponde aux besoins de la société, en faisant reposer la sélection des formations proposées sur des critères immédiats.
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