En 2024, 1 297 personnes sont mortes du fait de leur travail en France : accidents sur le lieu de travail, maladies professionnelles, accidents de trajet. À cela s’ajoutent près de 700 000 blessés, pour les seuls cas ayant donné lieu à indemnisation.
En chiffres
Face à cette hécatombe qui fait de la France le pays le plus mortel d’Europe au travail, la réponse du gouvernement a tenu en un mot : prévention. Un plan annoncé en fanfare, aussitôt dénoncé par les syndicats, à commencer par la CGT, comme un agrégat de mesures déjà existantes. L’une d’elles, la sensibilisation des jeunes stagiaires dans la semaine précédant leur prise de poste, avait déjà été inscrite dans les textes… il y a quatre ans. Sans effet réel depuis lors.
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Un casque marqué d’un « A » pour retrouver les morts
Parmi les propositions avancées par le ministre du Travail figure une mesure aussitôt tournée en dérision : apposer un signe distinctif sur le casque des jeunes travailleurs pour les différencier de leurs aînés. Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT, a résumé l’absurdité de la chose avec une brutalité clinique :
« Et le jeune, mort seul sous son chariot élévateur, on va le retrouver plus facilement car il a un A sur son casque ? »
Derrière l’anecdote se lit une logique politique. En plaçant le curseur sur la prévention individuelle, le gouvernement exonère de facto les entreprises de leur responsabilité. Pas question de pointer les cadences imposées aux plus jeunes, l’absence d’encadrement, le défaut de surveillance. Le ministre l’a lui-même revendiqué :
« L’important, c’est la prévention, pas les sanctions, et la majorité des chefs d’entreprise seront d’accord avec moi. »
Effectivement. La bourgeoisie s’est toujours montrée solidaire des gouvernements qui préfèrent ses marges à la sécurité des travailleurs.
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Le patronat a déjà touché ses dividendes
Les ordonnances Macron ont fait le travail. La suppression des Comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), l’affaiblissement des conseils de prud’hommes, la réduction des effectifs de l’Inspection du travail : autant de reculs arrachés au forceps, applaudis par le patronat et jamais compensés. Ce sont précisément ces garde-fous qui auraient pu, auraient dû, protéger les travailleurs qui meurent aujourd’hui.
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Ce que nous revendiquons
Les jeunes communistes ne s’en remettent pas aux bons sentiments patronaux. Nous exigeons davantage de contrôles et de sanctions contre les employeurs qui mettent en danger leurs salariés. Nous revendiquons un statut protecteur pour les stagiaires, assorti de moyens matériels, humains et financiers à la hauteur. Et nous portons, au-delà des réformes, la perspective d’une société où les travailleurs exercent réellement le pouvoir.
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Ces travailleurs morts à la tâche rejoignent la longue liste de ceux que le système broie dans l’indifférence. Nous continuons le combat pour eux. Contre la mort, contre l’oubli.

















