Le 1er mai 2026 a rassemblé des centaines de milliers de personnes dans les rues de France. Plus de 300 000 manifestants selon la CGT, 158 000 selon le ministère de l’Intérieur, dont respectivement 100 000 et 24 000 à Paris : le fossé habituel entre chiffres syndicaux et policiers n’a pas manqué de se creuser une nouvelle fois.
Le cortège parisien, parti de la place de la République à 14h, a rejoint la place de la Nation dans une ambiance que la préfecture a qualifiée de « globalement calme », nous rajouterons même festive.
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Un contexte particulier
Cette édition 2026 se déroulait dans un contexte particulier. En avril, le gouvernement avait renoncé à faire adopter par la voie parlementaire une proposition de loi visant à élargir le travail le 1er mai, sous la pression d’une mobilisation syndicale unanime et de la menace d’une motion de censure portée par le groupe communiste à l’Assemblée nationale.
Mais le recul n’était qu’apparent, le 17 avril, Sébastien Lecornu annonçait que boulangers et fleuristes artisanaux pourraient malgré tout ouvrir ce 1er mai, en donnant instruction aux services de l’État de ne pas verbaliser. Un projet de loi gouvernemental était présenté en Conseil des ministres le 29 avril pour pérenniser la mesure. Les huit organisations syndicales représentatives avaient rejeté unanimement ce qu’elles qualifiaient de contournement.
L’intersyndicale (CGT, FSU, Solidaires, Union étudiante, UNEF) avait placé ce 1er mai sous le signe de la paix, de la liberté et du pouvoir d’achat, appelant à manifester « contre la vie chère » et « en solidarité avec les millions de travailleurs qui se trouvent sous les bombes ».
Les Jeunes Communistes dans le cortège
Le Mouvement des Jeunes Communistes de France (MJCF) était présent en nombre dans les défilés, portant deux banderoles qui n’ont pas manqué de faire parler. La première reprenait le mot d’ordre : « On produit, on décide », affirmant la revendication d’un contrôle des travailleuses et des travailleurs sur leurs formations, emplois et production. La seconde frappait par sa brutalité volontaire : « Les patrons tue », inscription destinée à interpeller sur la mortalité au travail des jeunes, en écho à une actualité récente particulièrement douloureuse.
Quelques jours avant la manifestation, le MJCF avait rappelé que depuis moins de huit mois, au moins douze jeunes, dont quatre mineurs, avaient perdu la vie sur leur lieu de travail.
Selon les données de l’Assurance maladie, les accidents du travail mortels ont progressé de 29 % chez les 15-25 ans entre 2019 et 2022, et la fréquence des accidents du travail dans cette tranche d’âge est 2,5 fois supérieure à la moyenne nationale. En 2024, 764 accidents du travail ont entraîné la mort en France, soit cinq de plus que l’année précédente. Ce bilan en hausse pour la quatrième année consécutive place la question de la sécurité au travail au cœur des revendications syndicales et politiques.
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