Quand le « Front Populaire » montre la lune, l’imbécile regarde l’union.

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Quand le « Front Populaire » montre la lune, l’imbécile regarde l’union.

Il y a 90 ans, en 1936, le Front populaire remporta les élections et ouvrit une séquence de conquêtes sociales majeures : congés payés, semaine de 40 heures, conventions collectives. Dans le débat public, une lecture rapide s’est imposée : « la gauche a gagné parce qu’elle était unie ». C’est vrai, mais c’est loin d’être suffisant pour comprendre ce qui s’est réellement joué, et surtout pour en tirer des leçons utiles aujourd’hui.

Le Front populaire, ce n’est pas seulement une alliance de partis, c’est d’abord un mouvement ouvrier puissant, conscient de ses intérêts, organisé autour du Parti communiste. C’est une classe ouvrière mobilisée, capable de se mettre en grève par millions, d’occuper les usines, d’imposer ses revendications. Sans cela, l’unité politique serait restée une façade sans contenu.

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Le rôle des organisations est ici décisif. Un Parti communiste profondément implanté dans les milieux populaires, dans les entreprises, au plus près des travailleurs. Une CGT unifiée et massive, structurée, capable d’organiser la lutte à grande échelle. Cette articulation entre organisation politique et organisation syndicale, entre bataille électorale et mobilisation sociale, a permis de transformer une victoire dans les urnes en victoires concrètes dans la vie. Sans ce mouvement ouvrier puissant, le pauvre Léon Blum aurait été bien démuni face aux résistances de la bourgeoisie et du patronat.

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C’est peut-être là la leçon la plus importante pour aujourd’hui. Croire que l’unité suffit, c’est prendre le risque de réduire la politique à une simple mécanique électorale. Sans ancrage populaire, sans organisation collective, sans mobilisation, les promesses restent des promesses.

Ce ne sont pas seulement les alliances qui font les victoires, ce sont les peuples organisés et conscients.

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À l’inverse, reconstruire une gauche forte suppose de repartir du réel : du travail, des lieux de vie, des colères et des espoirs qui traversent la jeunesse et le monde du travail. Cela suppose de reconstruire des outils collectifs, de redonner confiance dans la capacité à agir ensemble.

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