Fibre Excellence devant le tribunal, le Comminges retient son souffle

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Fibre Excellence devant le tribunal, le Comminges retient son souffle

Depuis plusieurs mois, une bataille est engagée pour le maintien de l’usine de Saint-Gaudens, exploitée par Fibre Excellence. Ce mardi 21 avril, un rassemblement se tenait devant le tribunal de commerce de Toulouse, pour assurer un avenir au site industriel. La décision est attendue.

Derrière la crise, des choix capitalistes

La situation actuelle de Fibre Excellence résulte de décisions prises par des actionnaires dont la logique est celle de la rentabilité maximale, au détriment des territoires, des travailleurs et de l’investissement dans la modernisation de l’outil industriel.

Malgré les 250 millions d’euros d’argent public distribués depuis 2021, le groupe menace aujourd’hui d’abandonner le site sans en assurer la pérennité. Une décision purement actionnariale. En délocalisant la production vers des zones à moindres coûts, notamment au Brésil, et en mettant les sites en concurrence les uns avec les autres, ces pratiques fragilisent l’industrie française.

Du côté patronal, le chantage est assumé, habillé en débat technique. Si l’État n’injecte pas davantage d’argent et refuse de racheter l’électricité produite par l’usine à un prix jugé convenable par les actionnaires, le site sera abandonné. Jean-François Guillot, le PDG, déclarait ainsi le 10 avril :

« Nous sommes à l’aube d’un redressement judiciaire. »

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Des rassemblements pour défendre le site

Menacé de liquidation, le site a fait l’objet d’une série de mobilisations. Dès le 10 avril, un rassemblement se tenait devant l’usine. Aux côtés des grévistes, des forces politiques comme le PCF et le MJCF étaient présentes pour soutenir l’action syndicale.

Ce même jour, Carole Delga, présidente de la région Occitanie, annonçait l’engagement de la région à entrer au capital de l’entreprise. Le lendemain, l’État accédait à la principale demande du groupe en relevant le prix d’achat de l’électricité. La démonstration est faite : les solutions existent.

Loin du débat technique, le problème est avant tout politique. C’est ce que rappelle la CGT dans son projet de sauvegarde du site : faut-il sacrifier la souveraineté industrielle nationale au profit d’une logique de court terme ?

C’est pourquoi, ce mardi 21 avril, un rassemblement s’est tenu devant le tribunal de commerce de Toulouse. En signe de protestation, les salariés ont bloqué l’accès au patron.

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Former la jeunesse pour construire l’avenir

Si l’enjeu est si important, c’est en raison de la place centrale qu’occupe l’entreprise dans l’économie du Comminges. Sa fermeture fragiliserait fortement le tissu économique local, mais aussi l’offre de formation alentour, touchant directement la jeunesse. Une fermeture ferait chuter les volumes de bois absorbés, entraînant une baisse des prix qui menacerait l’ensemble de la filière.

Les formations indirectement liées à l’activité du site, comme celles proposées au lycée du bois de Montauban-de-Luchon, au CFA de Saint-Gaudens ou au CFPPA de Saint-Girons, pourraient partiellement ou totalement disparaître.

Ce serait également le cas de formations plus longues, comme le bac STI2D Innovation Technologique et Éco-conception du lycée Paul-Mathou à Gourdan-Polignan, dont les débouchés locaux se trouveraient supprimés et les places considérablement raréfiées.

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Le résultat contraindrait une partie des jeunes du Comminges à faire face à la précarité ou à partir sous la contrainte. Un choix douloureux, alors que l’avenir industriel du territoire ne pourra se construire sans sa jeunesse.

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