La reprise en SCOP de Duralex à l’épreuve de la réalité

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La reprise en SCOP de Duralex à l’épreuve de la réalité

Symbole du patrimoine verrier français, Duralex traverse une nouvelle zone de turbulences. Limogeages en cascade, production au ralenti et levée de fonds décevante : deux ans après sa transformation en SCOP, l’usine d’La Chapelle-Saint-Mesmin peine à tenir ses promesses. Derrière l’attachement populaire à la marque, c’est la question d’une politique industrielle nationale qui reste sans réponse.

Duralex vacille à nouveau

Les difficultés économiques semblent de retour. C’est du moins ce que laisse à penser le départ brutal de son directeur François Marciano, le 11 avril dernier.

Car au limogeage du père s’ajoute celui du fils, qui avait été promu directeur financier. Selon La Lettre Valloire, les salariés dénoncent aujourd’hui des « choix financiers jugés hasardeux, voire dangereux, qui auraient replongé la société dans une impasse ».

Chez Duralex, les turbulences ne sont pas nouvelles, et les annonces de liquidations non plus. La flambée de l’énergie de 2022, la pression concurrentielle et l’inflation ont eu une première fois raison de la trésorerie. En 2024, au bord de la liquidation, l’entreprise était transformée en SCOP, tout en gardant sa direction. C’est pourquoi la CGT s’était opposée au projet de transformation, lui préférant un projet de reprise.

Aujourd’hui, la situation semble de nouveau tendue. Auprès du Figaro, un salarié s’interroge : « Est-ce que les commandes sont aussi nombreuses qu’elles devraient l’être pour faire tourner l’usine ? » Avant de continuer : « Aujourd’hui, seules deux lignes de production sur cinq tournent. » Du côté de la nouvelle direction, les mots sont choisis, et l’on assure que les comptes sont actuellement à l’étude.

Intérêt industriel, culture française

À l’automne, Duralex avait décidé d’une levée de fonds. En quelques heures, plus de 20 millions d’euros de promesses avaient été annoncées, preuve de l’intérêt des Français pour l’entreprise.

Il faut dire que Duralex a une histoire dans le pays. La marque, déposée en 1945, a connu ses heures de gloire. Tout le monde connaît le modèle Gigogne et, plus encore, le Picardie. Petits ou non, presque tous les Français se sont amusés à se demander « quel âge as-tu ? » à la cantine, avant de lire les années au fond du verre.

Si l’entreprise était tant plébiscitée par les cantines et les collectivités locales, c’est en raison de sa qualité, toujours réelle. En inventant le verre trempé, l’entreprise se vante de proposer une solidité 2,5 fois supérieure à celle de n’importe quel gobelet.

Un avantage en termes de coût, une production locale, et un verre pensé pour les écoliers — facile à ranger, se cassant en morceaux peu coupants. Il n’en fallait pas plus pour l’inscrire dans le paysage économique et culturel français.

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Quand les promesses ne suffisent pas

Cet automne, lors de la levée de fonds, celui qui est aujourd’hui l’ancien directeur déclarait que « l’entreprise n’est pas encore sauvée, il nous faut cet argent notamment pour développer de nouveaux modèles et acheter de nouvelles machines ». L’argent semble avoir manqué.

Sur toutes les promesses, seuls 5 millions d’euros sont finalement arrivés à bon port. Quant aux objectifs fixés, 39 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2030, ils semblent difficilement atteignables.

Sur toutes les promesses de la levée de fonds, seuls 5 millions d’euros sont finalement arrivés à bon port.

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Si certaines mairies ont fait de la commande publique un acte militant, cela reste un geste isolé. Aujourd’hui insuffisant. Réclamé à l’époque par des formations politiques comme le PCF, aucun plan de filière national n’a vu le jour.

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Une filière entière à reconstruire

Les achats ne suffisent pas. La question énergétique, la commande publique, les investissements de long terme et un travail de formation semblent aujourd’hui nécessaires pour l’entreprise, et pour l’industrie verrière tout entière.

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