Cuba mise sur le solaire pour briser le blocus

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Cuba mise sur le solaire pour briser le blocus

Depuis la victoire de la révolution cubaine en 1959, le système électrique est géré publiquement par l’Union Electrica, qui hérite alors d’un parc composé de centrales thermiques et hydrauliques, dans un pays encore peu électrifié. Par la suite, avec le soutien de l’Union soviétique, de nombreuses centrales au fioul seront construites et un programme nucléaire civil sera même engagé. Cuba bénéficie en effet de quelques ressources en pétrole lourd, mais surtout d’un approvisionnement pétrolier stable et accessible grâce à l’Union soviétique jusqu’en 1991.

S’ensuit la période spéciale, où la chute du système électrique coïncide avec celle de l’économie, avant que la révolution bolivarienne au Venezuela, en 1999, ne redonne à l’île une source de pétrole bon marché. Durant toutes ces années, le blocus imposé par les États-Unis empêche les entreprises étrangères, comme Alstom pour la France, de commercialiser des pièces ou d’assurer la maintenance des installations existantes. Le parc se dégrade ainsi progressivement, malgré toute l’ingéniosité dont font preuve les travailleuses et travailleurs locaux pour en optimiser au maximum les rendements.

L’arrivée de Trump au pouvoir en 2019 renforce encore le blocus, ce qui conduit l’île à faire appel à des centrales flottantes en appoint de ses propres installations. Son second mandat, conjugué à l’agression criminelle contre le président vénézuélien Maduro début 2026, achève de plonger l’île dans la détresse énergétique la plus totale : arrêt définitif des livraisons vénézuéliennes, retrait des dernières centrales flottantes faute de paiement. Les centrales thermiques ne fonctionneraient plus qu’à 25 % de leurs capacités. L’économie est presque à l’arrêt : le tourisme est paralysé faute de kérosène, le transport des denrées agricoles est entravé, l’industrie lourde et extractive est privée de ses ressources.

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Vers un internationalisme du renouvelable

Les seules sources énergétiques dont on ne peut priver le peuple cubain étant le vent et le soleil, le gouvernement s’est lancé dans une politique volontariste de développement photovoltaïque et éolien, avec respectivement 2 000 et 900 MW visés d’ici 2028 (à titre de comparaison, un réacteur nucléaire EPR produit 1 600 MW), de quoi couvrir 30 % de la consommation nationale.

Les activités des Cubaines et Cubains se réorganisent autour des périodes de production intermittente, à commencer par le système de soins dont ils sont fiers : les opérations prioritaires sont désormais calées durant les créneaux d’ensoleillement. Mais le coût humain est considérable. Le Centre d’études sur l’économie cubaine (CEEC) estime à 148 % la hausse de la mortalité infantile depuis 2017, année où elle était la plus faible du continent, avec quelque 1 800 nourrissons supplémentaires décédés. Le blocus énergétique asphyxie toute la société, en particulier les transports et les services de santé, éprouvant terriblement la résistance du peuple cubain.

Le blocus énergétique asphyxie toute la société cubaine : transports, soins, alimentation. C’est une guerre économique menée contre un peuple.

Cuba peut néanmoins compter sur la Chine. Cette dernière, contrainte dans ses propres approvisionnements pétroliers par la déstabilisation de l’Iran et du Venezuela, est aussi la première productrice et installatrice mondiale d’énergies renouvelables . Elle représente désormais plus de 20 % des échanges commerciaux de l’île : biens de consommation, machines, électronique, télécommunications, infrastructures routières, tourisme.

Des partenariats ont été conclus dans le biomédical et dans la construction d’une filière « made in Cuba » de kits photovoltaïques bon marché, assemblés sur l’île à partir de composants chinois. Ces petites installations solaires de 1 500 W, suffisantes pour alimenter un appareil électroménager, visent à rendre autonomes des milliers de foyers par l’autoconsommation.

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Du côté des progressistes occidentaux, les énergéticiens de la CGT mènent une campagne pour envoyer des milliers de ces kits par-delà le blocus. L’Espagne, le Brésil et le Mexique ont également promis des panneaux solaires et du matériel médical, à l’instar de la campagne du PCF pour l’envoi de conteneurs médicaux. Refroidies par les menaces états-uniennes, ces nations refusent néanmoins d’envoyer du pétrole, contrairement à la Russie, dont deux pétroliers ont brisé le blocus en l’espace d’un mois. Parallèlement, à force d’innovations, l’île s’affranchit désormais de l’aide extérieure pour raffiner son propre pétrole.

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L’internationalisme, qu’il s’exprime entre pays progressistes ou depuis nos organisations européennes, prend alors la forme d’une course contre la montre : arracher Cuba à sa dépendance fossile envers les trusts de l’impérialisme, pour que les peuples du monde puissent continuer à tracer leur propre voie de développement.

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