Comme nous l’écrivions dans un précédent article, la COP30 à Belém a généralement été considérée comme un échec. Le principal point de déception : l’incapacité de la conférence à inclure la sortie des énergies fossiles, pourtant responsables de la majorité du réchauffement climatique. Pour tenter de contourner cette difficulté, une coalition de pays s’était donné rendez-vous à Santa Marta, en Colombie, du 23 au 29 avril, pour avancer sur la question des énergies fossiles sans risque d’obstruction de certains États.
Lire aussi : COP30, la sortie des fossiles enterrée
Un contexte chargé
Ce sommet se déroulait dans un contexte de crise des énergies fossiles, alors que la guerre en Iran et le blocage du détroit d’Ormuz font s’envoler le prix du pétrole. En amont du sommet diplomatique, un sommet scientifique s’était tenu, qui avait appelé à arrêter toute nouvelle exploitation des énergies fossiles et à rejeter le gaz comme énergie de transition.
Clarifions l’objet de ce sommet : une « coalition des bonnes volontés » (comme elle se désigne elle-même) ne peut à elle seule résoudre le problème climatique. Des émissions de gaz à effet de serre produites en n’importe quel point du globe participent au réchauffement climatique dans le monde entier ; aussi seul un engagement mondial peut durablement venir à bout du réchauffement climatique, tel est tout l’enjeu des COP. Dans cette perspective, le sommet ne se présentait pas comme concurrent aux COP, mais complémentaire à elles.
Des absences notables
Cette « coalition des bonnes volontés », co-organisée par la Colombie et les Pays-Bas, regroupait 57 pays, notamment européens, mais aussi des États insulaires ou des pays issus du Sud global.
Cependant, ce sont surtout les absents, qui n’avaient souvent tout simplement pas été invités, qui ont été remarqués. Les États-Unis de Donald Trump se sont tout simplement retirés de toute coopération sur le climat, qu’il s’agisse du GIEC ou de l’accord de Paris. On notait aussi la non-invitation de l’Inde et de l’Arabie Saoudite, toutes deux fréquemment accusées de faire de l’obstruction lors des COP : la première en mettant en avant le droit au développement, la seconde sur des bases plus ou moins explicitement climato-sceptiques.
Mais la non-invitation la plus notable était sans doute celle de la Chine, premier émetteur mondial, qui s’engage néanmoins dans la baisse de ses émissions, après avoir vraisemblablement atteint son pic en 2025.
L’absence de feuille de route sur les fossiles
Malgré le choix de limiter les invitations pour éviter toute obstruction, le sommet n’a pas pu aboutir à une feuille de route de sortie des énergies fossiles, celle-ci étant reportée à un sommet ultérieur. Les organisateurs mettent en avant des discussions entre États qui auront permis d’échanger directement sur leurs propres difficultés à décarboner.
La France annonce un plan de sortie des énergies fossiles
La France a fourni, dans un document de 18 pages, un plan national de sortie des énergies fossiles, qui a été salué. Celui-ci comprend notamment une sortie du charbon en 2030, du pétrole en 2045 et du gaz naturel en 2050. Ce plan reprend principalement les éléments de la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC-3) et de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE-3) ; il demeure globalement moins détaillé que le plan climat du PCF, Empreinte 2050, et reste ancré dans les logiques libérales.
Lire aussi : Avec Empreinte 2050, le PCF met la science et les services publics au cœur de l’écologie de progrès
L’Irlande et le Tuvalu prochains organisateurs
Le sommet s’est achevé par un discours de Gustavo Petro, président colombien dont le parti est en campagne pour les élections présidentielles qui se tiendront dans moins d’un mois.
Le prochain sommet pour la décarbonation sera organisé par l’Irlande et le Tuvalu, ce dernier pays étant connu pour sa diplomatie climatique tenace. Les futurs co-organisateurs ont déjà annoncé vouloir réviser les règles d’invitation du sommet.
Lire aussi : PPE : les plans du gouvernement ne nous électrisent pas

















