À l’impasse du “eux contre nous”, répondons par la lutte des classes

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À l’impasse du “eux contre nous”, répondons par la lutte des classes

Comme dans toutes les séquences de l’Histoire révolutionnaire de notre pays, à la fin ça se termine entre eux et nous, tous les autres auront disparu.” Jean-Luc Mélenchon

Cette tirade de Jean-Luc Mélenchon datée de 2012 résume une stratégie devenue centrale dans le débat politique : réduire le champ à un affrontement final entre gauche radicale et extrême droite. C’est à la fois un rêve, une prophétie quasiment biblique, et un objectif pour l’ancien ministre et sénateur socialiste. 

L’idée peut sembler séduisante. Polariser. Installer un duel. Marginaliser les forces intermédiaires. Forcer le pays à choisir son camp. Posons la question calmement : ce scénario est-il celui qui permet de construire une majorité populaire durable ?

L’extrême droite prospère sur la conflictualité permanente. Elle se nourrit du sentiment de désordre, de chaos, de fragmentation. Plus la politique devient un choc identitaire entre deux camps, plus elle peut se présenter comme la force de la stabilité et de “l’ordre”.

Nous ne devons pas entrer dans un piège où la vie politique se résumerait à un duel spectaculaire. Pendant que les blocs s’affrontent, la question sociale disparaît.

Notre force historique, c’est d’avoir toujours posé un autre clivage : non pas “eux contre nous” au sens moral, mais capital contre travail. Exploiteurs contre exploités. Intérêts de ceux qui produisent les richesses contre ceux qui en profitent.

La lutte des classes n’est pas un archaïsme. C’est une grille de lecture qui permet de rassembler largement. Quand nous parlons salaires, industrie, services publics, pouvoir à l’entreprise, planification, logement, école, dignité au travail, nous parlons à la majorité du pays. Quand nous démontrons que l’extrême droite vote contre les travailleurs, nous brisons son imposture.

L’antifascisme est indispensable. Il doit être majoritaire, populaire, ancré dans le réel social. Il ne peut pas être seulement un face-à-face rhétorique présidentiel.

Si “à la fin il ne restait que deux blocs”, ce serait peut-être le rêve de certains stratèges, mais notre objectif n’est pas de réduire le pays à fascistes contre antifascistes. Notre objectif est d’unir le monde du travail autour de la classe qui produit les richesses du pays.

À l’impasse du duel rêvé perdu d’avance, répondons par l’unité de classe.


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