En visite à Sochaux, dans le Doubs, le PDG de Stellantis, Antonio Filosa, a annoncé la création de 1 400 emplois, dont la nature et la répartition restent à définir. Une annonce importante, qui ne masque pas les problématiques du secteur.
Une situation critique
Depuis plusieurs décennies, l’emploi dans l’industrie automobile française s’érode. Entre 2007 et 2018, PSA a vu son nombre de salariés reculer de 43 000 (-40 %), principalement en raison des délocalisations. Pour autant, la situation ne s’améliore pas. Au premier semestre 2025, le groupe annonçait une perte sèche de 2,3 milliards d’euros.
Les droits de douane décidés par Donald Trump y seraient pour environ 300 millions d’euros, malgré leur annonce tardive. De quoi pousser Stellantis à annoncer, en octobre, 13 milliards d’euros d’investissements pour produire sur le sol américain et espérer une hausse de 50 % de sa production aux États-Unis.
Une annonce qui passe mal en Europe, où les sites continuent de fermer. En 2025, le groupe a ainsi réduit sa production italienne de 36 %. En France, à Rennes, les salariés ont connu du chômage technique en 2025 et tournent aujourd’hui en monoproduction. De quoi alimenter la crainte d’un destin similaire, y compris à Sochaux, lieu historique.
Un PDG qui se veut rassurant, un contexte de défiance
Venu avec la promesse de la création de 1 400 CDI en France, Antonio Filosa s’est voulu rassurant. Malgré l’absence de précisions, hormis un partage égal entre 700 postes d’exécution et 700 cadres, l’annonce souligne l’enjeu de l’emploi.
Site historique et pôle industriel régional
• 14 marques (Peugeot, Citroën, Opel, Jeep…)
• Sochaux : 1 800 intérimaires sur le site
• Plus de la moitié des CDI : 50 ans et +
• Octobre : 13 Md€ d’investissements annoncés aux États-Unis
• 2025 : –36 % de production en Italie
• Validation attendue : prochain CSE et déclinaison site par site
À Sochaux, plus de la moitié des CDI ont plus de 50 ans. Pour assurer la pérennité de l’activité, la formation et la continuité des savoir-faire, l’embauche de jeunes est nécessaire. D’autant que, sur le site de Sochaux, ce sont aujourd’hui 1 800 intérimaires qui sont employés. En France, le recours à l’intérim s’est généralisé.
Ces annonces de création d’emplois devront toutefois passer l’épreuve des faits et du prochain CSE, dans plusieurs semaines. Plusieurs questions se posent : où auront-elles lieu et, surtout, pour quelle pérennité d’activité ? Car le modèle de Stellantis est en crise.
En attendant, les réactions syndicales sont contrastées. Certains saluent le dialogue ouvert avec le PDG et se félicitent des annonces concernant le maintien du site de Sochaux, malgré l’absence de réalisations concrètes. D’autres refusent de signer des chèques en blanc. C’est le cas de la CGT, qui met ces annonces en parallèle avec la situation à Poissy, où le site est menacé de fermeture, et à Mulhouse, où près de 400 intérimaires seront licenciés.


















