Arc, un fleuron verrier sacrifié sur l’autel de l’improvisation

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Arc, un fleuron verrier sacrifié sur l’autel de l’improvisation

L’entreprise Arc, verrier historique d’Arques dans le Pas-de-Calais, a été placée ce mercredi 7 janvier en redressement judiciaire. Les salariés du groupe, environ 4 000, sont aujourd’hui menacés, malgré les différentes aides de l’État. En cause : l’absence de réel plan et d’une véritable stratégie industrielle.

Des effectifs en chute libre

Fondée en 1825, l’entreprise est productrice d’ustensiles en verre, notamment des verres et des assiettes, sous plusieurs marques comme Arcoroc, Luminarc, Cristal d’Arques Paris et Chef & Sommelier. Elle est également sous-traitante de produits d’entrée de gamme pour d’autres groupes, comme Ikea.

Une entreprise importante, y compris localement, mais qui, comme d’autres, a vu ses effectifs décroître depuis des décennies. Alors que l’usine comptait près de 13 000 salariés au début des années 2000, elle n’en comptait plus qu’environ 6 000 en 2010. Aujourd’hui, ce sont près de 4 000 salariés qui y travaillent, mais la voilure pourrait encore diminuer. Pour Frédéric Specque, délégué syndical CGT, le risque de 500 nouveaux licenciements existe.

Une aide de l’État, des solutions évitées

Pourtant, l’entreprise a reçu d’importantes aides de l’état et a déjà connu plusieurs plans de financement et de relance. Le dernier date d’avril 2025. Depuis 2019, ce sont près de 170 millions d’euros qui ont été engagés, sous forme de prêts, de soutiens exceptionnels et d’aides à la décarbonation.

Dans un courrier adressé au président de la République, Cathy Apourceau-Poly, sénatrice PCF du département, rappelle que d’autres solutions existaient. Elle avait ainsi proposé de transformer cette aide en une entrée de l’État au capital de l’entreprise, ce qui aurait permis d’offrir une vision de long terme pour le groupe.

Au contraire, l’État a préféré opter pour une stratégie libérale, en effaçant une partie de ses créances. En limitant la dette de l’entreprise, l’État visait à attirer des actionnaires, dans un marché pourtant difficile, le tout sans contrepartie stratégique.

Des repreneurs sans stratégie

Dans un contexte tendu, le choix stratégique de l’entreprise a été de se concentrer sur des fabrications moins importantes en quantité, mais de meilleure qualité, en priorisant des productions permettant de dégager davantage de bénéfices. Une stratégie limitée et critiquée par Frédéric Specque, le délégué syndical, qui pointe la difficulté à prendre des parts de marché face à la concurrence chinoise à bas coût, et dans un contexte de bas salaires.

Pourtant, la valse des actionnaires continue. Le petit-fils du patron emblématique de la marque, Timothée Durand, s’est positionné pour entrer au capital de l’entreprise. Il avait pourtant été évincé il y a dix-huit mois, au profit de deux autres actionnaires, Pascal Cagni et Patrick Molis, ayant injecté plus de 40 millions d’euros. La question demeure : des actionnaires, oui, mais pour quelle stratégie ?


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