Arcelor Mittal, la bataille continue

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Arcelor Mittal, la bataille continue

La bataille pour l’avenir de la sidérurgie française est loin d’être terminée. L’Avant-Garde fait le point sur les derniers rebondissements du dossier ArcelorMittal.

De l’Assemblée nationale au Sénat : un texte qui fait réagir

Le 27 novembre 2025, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture une proposition de loi pour nationaliser ArcelorMittal. Le texte entend soutenir l’avenir de la sidérurgie française, l’emploi et la stratégie industrielle nationale.

Avant son examen au Sénat, le 18 février, les sénateurs du groupe CRCE-K ont organisé une conférence de presse pour défendre la proposition de loi, mettant en avant la nécessité d’une nationalisation afin de décarboner la production, maintenir les savoir-faire et garantir la souveraineté industrielle.

Le 25 février, lors de l’examen du texte, une mobilisation avait lieu à l’appel de la CGT. Deux cents personnes étaient réunies devant le Sénat. Malgré cela, les sénateurs du centre et de droite, majoritaires, ont rejeté la proposition de loi. Ce rejet entraîne une deuxième lecture du texte à l’Assemblée nationale, qui devrait avoir lieu le 11 juin. La bataille continue, donc.

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La droite et l’illusion de la cogestion

Les sénateurs de la droite et du centre, opposés à la nationalisation, estiment que celle-ci ne répondra pas aux difficultés structurelles du secteur en France. Pour eux, la surproduction mondiale et les coûts élevés de l’énergie conduisent à une concurrence jugée déloyale. Selon eux, un changement de propriétaire ne suffira pas à corriger ces déséquilibres.

« Nationaliser crée l’illusion de la protection. Mais ça ne résoudrait ni la chute de la demande européenne, ni la concurrence mondiale faussée, ni les coûts de production qui pèsent sur la filière. »
— Sébastien Martin, ministre délégué à l’Industrie, dans Le Monde

Le poids financier est également rejeté. La sénatrice Marie-Claude Lermytte évoque un coût estimé à plus de quatre milliards d’euros, qui pèserait lourdement sur les finances publiques. À droite, les plus ambitieux défendent la cogestion entre l’État et ArcelorMittal afin d’accélérer la décarbonation des sites français — une nouvelle subvention publique sans contrepartie stratégique.

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La souveraineté protégée face à l’incertitude

Face aux arguments de la droite et du centre, le groupe CRCE-K et les députés communistes proposent une autre analyse. L’enjeu central est la stratégie de long terme. Maintenir la production, même en période de surproduction temporaire, permettrait de conserver l’outil industriel et d’éviter des pertes quasi irréversibles sur l’emploi et les savoir-faire.

Pour eux, la surproduction n’est pas un problème structurel, mais bien un passage transitoire nécessaire, annonciateur d’une recrudescence des besoins et de la demande — le tout en préparant la sidérurgie à la transition écologique.

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Par ailleurs, pour les communistes, les solutions de co-investissement public-privé sont insuffisantes : elles ne garantissent aucune orientation stratégique, la main restant aux acteurs privés. Pour faire avancer ce projet, les mobilisations se multiplient.

La diffusion de la première émission du PCF sur YouTube, « Enjeux de classe », a permis de rendre public le débat sur la nationalisation afin de protéger l’industrie et l’emploi. La discussion dépasse le seul cas d’ArcelorMittal France et questionne la place de l’État dans l’avenir productif français.

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