Capture de Nicolás Maduro, récit d’une prise d’otage

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Capture de Nicolás Maduro, récit d’une prise d’otage

L’opération militaire menée à Caracas début janvier interroge la frontière entre action militaire, procédure judiciaire et usage politique de la force à l’échelle internationale.

L’opération « Absolute Resolve »

Dans la nuit du 2 au 3 janvier, les États-Unis d’Amérique ont mené une opération militaire appelée « Absolute Resolve » à Caracas, mobilisant frappes aériennes et forces spéciales. L’objectif : kidnapper Nicolás Maduro, président de la République bolivarienne du Venezuela, et la députée Cilia Flores, son épouse, en violation de la souveraineté vénézuélienne. Cette agression impérialiste, justifiée par un discours de lutte contre le narco-terrorisme, est menée en dehors de toute base légale, sans mandat international.

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Le choc de l’agression éclair est accompagné depuis par une intense campagne de propagande visant à visibiliser l’opération et à mettre en scène Maduro de Caracas jusqu’à New York. Loin de se borner à une arrestation discrète, Washington transforme la capture en spectacle politique destiné à exhiber sa capacité d’action globale, autrement dit la force de son impérialisme.

Anatomie d’une prise d’otage

La scénographie qui suit la capture tranche avec les méthodes habituelles. Maduro est montré tour à tour prisonnier dans un avion, les yeux masqués, mis en scène en « perp walk », exposé médiatiquement comme un gibier. Les railleries de l’internet occidental affluent. Sa capture devient un motif de mèmes et l’ensemble Nike qu’il porte sur une photo voit ses ventes exploser.

« Nicolás Maduro est un prisonnier politique.« 

L’objectif de normalisation de ces méthodes est réussi. Les montages humoristiques transforment un enlèvement en divertissement et participent au consentement à la violence extra-légale, qui ne choque plus. Le procès en cours et la réécriture de l’acte d’accusation affaiblissent les motifs judiciaires avancés pour justifier l’arrestation. Donald Trump assume depuis le départ l’intérêt stratégique et politique de l’agression. Obéissant à des motifs essentiellement politiques, cette capture se révèle pour ce qu’elle est : une prise d’otage. Nicolás Maduro est un prisonnier politique.

Normalisation du terrorisme d’État

La communication se confond avec les objectifs politiques de l’opération. Actes de piraterie, violation de la Charte de l’ONU, destruction d’infrastructures civiles et une centaine de morts : l’usage de la force contre le droit est normalisé et fait l’orgueil des partisans de Trump. Le terrorisme d’État, historiquement mis sous le tapis, est assumé et normalisé par cette intense propagande. Les habituels militants du droit international se taisent ou s’enferment dans l’ambiguïté, tandis que les régimes occidentaux se soumettent avec plus ou moins d’enthousiasme.

Derrière la mise en scène du kidnapping de Nicolás Maduro se révèle une campagne de normalisation de l’action extra-légale et agressive. Il ne s’agit pas seulement d’arrêter un homme, mais de signifier au monde, par la terreur, qu’aucun territoire, aucune fonction, aucun statut n’offre désormais de protection.


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