Cyclisme : Arkéa disparaît, Décathlon s’impose

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Cyclisme : Arkéa disparaît, Décathlon s’impose

La saison 2025 de cyclisme sur route s’est terminée le 11 octobre dernier sur le Tour de Lombardie. Une saison marquée par la domination écrasante de l’équipe UAE, qui signe un nouveau record de victoires (95), portée par son leader Tadej Pogacar.

Plus globalement, cette saison a vu les grandes courses se répartir presque exclusivement entre les cinq plus grosses équipes, laissant des miettes toujours plus petites aux autres. Les écarts de budget et de résultats entre les équipes se creusent à un rythme inédit depuis la fin du Covid. L’exemple français est frappant : d’un côté, la disparition d’Arkéa-B&B Hotels ; de l’autre, la transformation profonde de Décathlon-AG2R, après le départ de l’assureur et l’arrivée du géant CMA-CGM.

Disparition d’Arkéa B&B Hotels

Équipe créée en 2005 et parvenue au World Tour en 2023, Arkéa est une formation bretonne fière de son identité régionale. Une équipe formatrice, ancrée dans son territoire. Mais en 2024, le sponsor principal Arkéa annonce son retrait après cinq années de soutien. L’équipe dispose alors d’un an pour accumuler les résultats et attirer un nouveau partenaire.

La saison est pourtant brillante, portée par son leader Kévin Vauquelin, meilleur coureur français de l’année avec sa 7ᵉ place sur le Tour de France. Sa 2ᵉ place sur le Tour de Suisse réveille même l’espoir d’un successeur à Christophe Moreau, dernier Français vainqueur d’une grande course par étapes en 2007. L’équipe termine 4ᵉ du classement collectif du Tour.

Malgré cela, aucun sponsor ne se manifeste. Emmanuel Hubert annonce fin octobre qu’il n’a pas déposé de demande de licence World Tour auprès de l’UCI. L’équipe se dirige vers un dépôt de bilan. La structure masculine, l’équipe féminine et les équipes de jeunes disparaissent.
Conséquence : 52 coureurs doivent trouver un contrat en urgence ou mettre fin à leur carrière, et 150 salariés se retrouvent sans emploi. Vauquelin rejoint pour sa part Ineos Grenadiers.

Changement de dimension pour Décathlon

Le destin breton contraste avec celui d’une autre équipe française. Décathlon-AG2R devient Décathlon-CMA-CGM : le sponsor historique AG2R s’en va, remplacé par le géant du transport maritime contrôlé par Rodolphe Saadé (également propriétaire de BFM TV, RMC, La Provence et Corse-Matin).

L’arrivée de CMA-CGM s’accompagne d’un apport financier inédit dans le cyclisme français : le budget passe de 28 millions d’euros en 2025 à 40 millions en 2026. L’objectif affiché est clair : concurrencer UAE et Jumbo-Visma et gagner le Tour de France d’ici 2030.

Le projet s’articule autour du jeune Paul Seixas, auteur d’une fin de saison remarquable : victoire au Tour de l’Avenir, 13ᵉ des Mondiaux, 3ᵉ des Championnats d’Europe, 7ᵉ du Tour de Lombardie. Certains observateurs vont jusqu’à le qualifier de meilleur coureur de 19 ans de l’histoire.

Ce changement s’accompagne d’une rupture identitaire. L’équipe, historiquement centrée sur la formation française, ne renouvelle pas plusieurs coureurs hexagonaux pourtant auteurs d’une excellente saison :
Dorian Godon, Bruno Armirail, Benoît Cosnefroy, Clément Berthet, Bastien Tronchon ou encore Nans Peters.
Ce dégraissage vise à recruter de grands noms internationaux : Tiesj Benoot, Olav Kooij, Matthew Riccitello ou encore Cees Bol.

Les équipes françaises et la formation en difficulté

Dans un cyclisme où les budgets explosent et où ceux des équipes françaises hors Décathlon-CMA stagnent, l’avenir du cyclisme tricolore se fragilise. Groupama-FDJ, autre grande structure, peine à trouver un nouveau souffle après l’ère Pinot-Démare. Elle a pourtant investi massivement dans son centre de formation de Besançon, qui produit de jeunes talents… mais peine à les garder, comme Lenny Martinez parti chez Bahrain.

Son mercato 2025, qui profite de la chute d’Arkéa et du dégraissage de Décathlon-CMA, pourrait cependant offrir un rebond.La disparition d’Arkéa, combinée au virage international de Décathlon-CMA-CGM, laisse entrevoir un risque majeur : moins de structures pour former les jeunes Français, qui iront de plus en plus chercher des opportunités à l’étranger.
Un basculement qui pourrait durablement fragiliser la présence française au plus haut niveau du cyclisme mondial.


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