Le gouvernement a trouvé de nouveaux boucs émissaires pour boucler son budget : les apprentis. Fin des exonérations de cotisations salariales, alignement du public sur le privé, suppression de l’aide au permis de conduire… Sous prétexte de « responsabiliser » les jeunes ou de « rationaliser » les dépenses, c’est encore une fois la jeunesse populaire qu’on fait payer.
Ce qui se joue là n’a rien d’un détail technique. C’est une démonstration de plus : ce n’est pas qu’il n’y a pas d’argent dans ce pays, c’est qu’il va toujours dans la même poche. Pendant qu’on baisse le salaire des apprentis, les grandes entreprises continuent d’engraisser les actionnaires à coups de milliards de dividendes. Voilà la réalité de la politique de Macron : faire les poches des jeunes pour remplir celles du patronat.
On nous parle sans cesse d’“insertion”, de “valorisation de la filière apprentissage”, mais dans les faits, l’État s’en désengage dès qu’il s’agit de garantir un revenu digne à celles et ceux qui bossent. Derrière les beaux discours, l’apprentissage reste trop souvent une main-d’œuvre bon marché, utilisée pour combler des postes sans droits ni protection. Aujourd’hui, c’est leur salaire qu’on attaque ; demain, ce sera leur accès à la formation ou à la qualification.
Cette injustice n’est pas une erreur de parcours, c’est une logique de classe. Les gouvernements passent, la priorité reste la même : défendre les profits avant les vies. La lutte des classes, ce n’est pas une vieille théorie d’historien, c’est notre quotidien. Et ce budget en est une parfaite illustration.
Face à cela, il ne s’agit pas seulement de dénoncer, mais de se battre pour de nouveaux droits. Pour y arriver, il faudra bien faire plier ceux qui décident de nos vies sans jamais les vivre.
Ce budget n’est pas une copie équilibrée, c’est une offensive de classe.


















