Architecte de l’invasion en Irak, théoricien de la torture, l’ancien Vice-Président de George W. Bush (2001-2009) s’est éteint le 3 novembre dans le Wyoming.
« Dark Vador » de la Maison-Blanche, symbole d’un pouvoir sans scrupules.
L’ascension
Il est surnommé « Dark Vador » et est décrit comme le vice-président le plus puissant de l’histoire des États-Unis. Il lance sa carrière politique après ses études en sciences politiques. Après l’élection de Richard Nixon, il devient assistant représentant. Il rencontre George H. W. Bush et échappe discrètement à la guerre du Vietnam.
Petit à petit, il monte les échelons grâce à sa femme. Élu à la Chambre des représentants en 1979, il devient un soldat de Reagan, celui-ci le défend corps et âme dans les nombreux scandales dont celui du financement de la guérilla antisandiniste au Nicaragua par des ventes d’armes détournées à l’Iran en 1981.
Après l’élection de George H. W. Bush en 1988, il est nommé Secrétaire à la Défense. Il supervise l’opération « Tempête du désert » en réponse à l’invasion du Koweït par Saddam Hussein. Dick Cheney prépare un plan alternatif d’invasion, « Scorpion », qui ne sera jamais appliqué. Après la réussite de l’opération Tempête du désert, certains de ses proches regretteront de ne pas avoir renversé Saddam Hussein douze ans plus tôt.
De Nixon à Bush père, il bâtit patiemment le cœur du pouvoir républicain.
Le vice-président de la peur
Après l’arrivée de Bill Clinton à la Maison-Blanche, il se met temporairement en retrait de la vie politique pour reprendre les affaires d’un grand groupe pétrolier au Texas. En 2000, il est choisi par George W. Bush pour être candidat à la vice-présidence des États-Unis.
C’est lors des attentats du 11 septembre 2001 que son pouvoir et son influence vont s’étendre sur l’Amérique et le reste du monde. Les ambitions d’un pouvoir exécutif dont il a toujours rêvé se réalisent. Il lance l’ouverture de la prison de haute sécurité de Guantánamo à Cuba, où le recours à la torture par la CIA se démocratise.
Dick Cheney est le symbole d’une Amérique rongée par la cupidité. En mars 2003, il lance l’invasion de l’Irak et renverse le régime de Saddam Hussein. Les États-Unis justifient cette invasion par l’hypothétique existence d’armes de destruction massive.
Les mensonges sur les armes de destruction massive ont ouvert la voie à l’un des pires désastres du XXIᵉ siècle.
L’intervention est en réalité un moyen d’action pour les États-Unis de piller les ressources pétrolières d’un État souverain et d’éloigner les perspectives de paix dans la région.
Les conséquences morbides de sa politique s’élèvent à entre 100 000 et un million de morts, de nombreux crimes de guerre et des désastres humanitaires. Le système scolaire et le système de santé irakiens sont décimés.
Un héritage impérialiste
Depuis le retrait des troupes américaines du pays en 2011, l’Irak est en proie à une instabilité étatique : l’instauration d’un État islamique sur les ruines de l’Irak amène une guerre civile meurtrière qui s’est achevée en 2019. L’avidité de l’administration Bush a dirigé le pays vers la corruption et la pauvreté. Si aucun dirigeant américain durant cette période n’a été jugé pour crimes de guerre, Dick Cheney n’a pas eu le moindre regret vis-à-vis de la politique qu’il a menée.
En 2014, un rapport de la commission du Renseignement du Sénat américain dénonce les méthodes de torture de la CIA sur les Irakiens, dont la privation de sommeil, le waterboarding et de nombreux sévices physiques.
Il perd de son influence à la fin de son mandat, mais aura tout de même réussi à faire passer le Patriot Act, texte de loi qui étend les pouvoirs d’enquête, de surveillance et de détention du gouvernement en l’autorisant à espionner n’importe quel citoyen américain au nom de la lutte antiterroriste.
Guantánamo, Patriot Act, Irak : trois symboles d’un pouvoir sans limite.
Bien que six pieds sous terre, ses idéaux impérialistes et ses méthodes inhumaines continuent d’imprégner la géopolitique américaine.
En témoigne, les ambitions impérialistes de Trump se concentrant sur le Venezuela sont les mêmes. L’argument du « narcotrafic » lancé par ce dernier rejoint les mensonges de Dick Cheney à l’époque dans l’unique but d’étendre l’impérialisme.


















