DNC : les éleveurs face au gouvernement et l’UE

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DNC : les éleveurs face au gouvernement et l’UE

La DNC (dermatose nodulaire contagieuse) est une maladie virale bovine non transmissible à l’homme. Apparue en 2025 en France, elle a déjà entraîné l’abattage de plusieurs cheptels à travers le pays. Cela a provoqué un conflit entre les syndicats agricoles et le gouvernement, ainsi que des affrontements entre les éleveurs et les forces de l’ordre.

Qu’est-ce que la DNC ?

La DNC est une maladie qui provoque de la fièvre et l’apparition de nodules douloureux chez les bovins, ainsi qu’un amaigrissement des bêtes touchées. Cette maladie présente un taux de mortalité bas, inférieur à 10 %. Bien que la DNC entraîne des chutes de production, des difficultés de reproduction et une baisse de la qualité du cuir, les produits provenant de vaches touchées par la DNC restent propres à la consommation.

Déjà bien connue dans certaines régions du monde, la DNC est apparue en France, en Savoie, en 2025. Cette maladie est classée en catégorie A par l’Union européenne, ce qui impose des mesures d’éradication obligatoires dès qu’un cas est repéré. Cela se traduit par l’abattage complet de l’ensemble d’un cheptel à partir du moment où un seul individu est touché par la maladie. De plus, selon la législation européenne, un animal vacciné contre la DNC ne peut pas être exporté pendant quatorze mois.

Une question de rentabilité économique

La législation européenne prévoit que les produits provenant d’une zone où des cas ont été identifiés ne peuvent pas entrer sur le marché européen. Cela pose un réel problème commercial pour un pays comme la France. Certains départements touchés, comme le Doubs ou la Savoie, abritent des fromages AOP très rentables (Comté, Reblochon, Beaufort…). Ne pas appliquer l’abattage systématique, c’est risquer, à court terme, d’empêcher la commercialisation de produits très lucratifs pour l’industrie agroalimentaire. En effet, les produits provenant de vaches issues d’un cheptel touché ne seraient plus autorisés sur le marché européen.

Un conflit entre les éleveurs et le gouvernement

La crise de la DNC intervient dans un contexte déjà tendu dans le milieu agricole, notamment au regard de l’accord de libre-échange avec le MERCOSUR. Selon les syndicats agricoles, il existe d’autres solutions que l’abattage systématique des cheptels : vaccination préventive sur l’ensemble du territoire français et non uniquement dans certaines zones, restriction des déplacements et mise en quarantaine. Ces revendications sont renforcées par l’inefficacité perçue de l’abattage systématique.

Ces solutions sont jugées plus coûteuses et moins efficaces par le gouvernement, mais surtout contraires au principe de libre-échange, puisqu’un animal provenant d’une zone vaccinée ne peut être exporté pendant quatorze mois. De plus, les indemnités versées aux éleveurs sont parfois contestées. Selon l’intersyndicale agricole, elles ne prennent pas en compte le travail de sélection génétique, les vaches n’étant pas des outils interchangeables. Elles ne prennent pas non plus en compte l’impact émotionnel de la perte d’un troupeau.

Les réactions du monde agricole ne se sont pas fait attendre : dans de nombreux départements, des rassemblements de défense des troupeaux se sont mis en place, donnant lieu à des affrontements avec les forces de l’ordre dans certains territoires (Doubs, Ariège…). Des blocages et des manifestations ont également eu lieu.

Les syndicats agricoles sont coutumiers des mobilisations de grande ampleur. En 2024, un important mouvement de blocage avait déjà secoué la France. Pourtant, la violence de la répression observée ici est sans commune mesure et n’est pas sans rappeler des épisodes tels que le mouvement contre la réforme des retraites ou celui des Gilets jaunes. Cette différence s’explique par le fait que, cette fois-ci, le mouvement est mené par des syndicats agricoles comme la Confédération paysanne, dont les revendications remettent en cause un grand nombre de politiques de libre-échange, alors qu’en 2024, le mouvement de contestation était porté par la FNSEA, plus proche du pouvoir en place.

Dans ce contexte, les forces politiques ont été amenées à se positionner. À l’extrême droite, le RN affirme soutenir les agriculteurs, mais n’a pas pris position sur la politique sanitaire à adopter. La droite et les forces gouvernementales défendent l’abattage systématique. À gauche, les réactions vont dans le sens d’une opposition à l’abattage systématique, à l’image du PCF, qui a repris les revendications de l’intersyndicale dans un communiqué.


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