En Cisjordanie, l’annexion silencieuse

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En Cisjordanie, l’annexion silencieuse

De nombreuses organisations internationales dénoncent des violations graves du droit international en Palestine. La situation en Cisjordanie connaît elle aussi une accélération significative de l’annexion. Violences quotidiennes, déplacements forcés de population, création de nouvelles mesures administratives : sur le terrain, la dynamique est celle d’un enracinement durable et structurel du contrôle israélien.

Israël veut « enterrer l’idée d’un État palestinien »

Selon les Nations unies, les colonies israéliennes en Cisjordanie, dont Jérusalem-Est, regroupent aujourd’hui plus de 700 000 colons. Cette colonisation active de la région entraîne en conséquence des déplacements des habitants palestiniens, causés par la démolition de leurs habitations, la violence de colons armés et des restrictions administratives permises par un système d’apartheid les coupant de ressources essentielles pour répondre à leurs besoins en eau, électricité, soins, ou éducation.

En effet, la colonisation restructure l’économie locale : les colonies bénéficient d’infrastructures modernes, de connexions privilégiées concernant les transports et d’un accès facilité aux ressources comme l’eau, alors que les Palestiniens sont soumis à un régime de checkpoints et de zonage qui limite l’accès à leurs propres terres et infrastructures.

Consolidation du contrôle israélien par des mesures juridiques

Les récentes décisions du cabinet de sécurité israélien s’inscrivent dans la volonté d’annexion du territoire à long terme en renforçant la présence israélienne en Cisjordanie par le biais d’outils juridiques et administratifs.

Parmi les mesures annoncées figurent l’accélération de l’enregistrement foncier et la simplification des procédures permettant la construction dans les colonies. C’est notamment le cas à Hébron, ville morcelée par la colonisation, où la mosquée sera contrôlée par l’autorité israélienne et où l’accord de la municipalité palestinienne ne sera plus nécessaire pour valider les projets de construction des colons.

Alors que l’intégration progressive de la Cisjordanie dans l’espace juridique israélien constitue une annexion de facto, Israël justifie cet acte illégal par des arguments liés à la sécurité ou à la protection environnementale. La protection du patrimoine archéologique est ainsi mobilisée par la propagande sioniste, qui y voit un moyen de justifier la pseudo « conquête sainte » de ce territoire par le peuple juif.

Une condamnation de l’ONU laissée sans suite

Plusieurs déclarations collectives, réunissant dernièrement 85 pays membres de l’ONU dont la France, ont récemment dénoncé la poursuite de la colonisation et les mesures assimilables à une annexion.

Pour autant, ces condamnations restent largement à l’état de déclarations, sans qu’aucune sanction coordonnée majeure ne soit entreprise afin d’inverser la dynamique sur le terrain. De plus, les réponses du gouvernement français ne sont pas à la hauteur de ses engagements pris de facto lors de la reconnaissance de l’État de Palestine.

Dans ce contexte, la Cisjordanie apparaît aujourd’hui comme le théâtre d’une transformation progressive mais profonde. Moins assourdissante que les bombardements de Gaza, cette annexion est un travail de long court. Se joue la question de l’avenir politique du territoire et la possibilité même d’un État palestinien viable.


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