Déclenchés lors des épisodes de froid intense, les plans grand froid visent à renforcer temporairement l’hébergement d’urgence pour les personnes sans domicile. En région parisienne, ces dispositifs montrent toutefois leurs limites, révélant une crise du mal-logement structurelle et durable.
Un épisode de froid marqué
Ces dernières semaines, un épisode de froid notable s’est installé en région parisienne comme sur l’ensemble du territoire. Face aux prévisions météorologiques, la préfecture a déclenché le plan grand froid, un dispositif destiné à ouvrir des places supplémentaires d’hébergement d’urgence pour les personnes sans-abri lors de vagues de froid persistantes.
Les températures ont chuté jusqu’à –2 °C en région parisienne, avec des ressentis parfois plus bas. À ce froid glacial se sont ajoutés la neige et le verglas, particulièrement présents tout au long de la semaine dernière : jusqu’à six centimètres de neige ont été observés localement. Ces conditions hivernales, bien que rares, frappent toujours de plein fouet les personnes vivant à la rue.
Des statistiques en hausse
Depuis la première édition de la Nuit de la Solidarité en 2018, qui vise à recenser les personnes sans domicile, les chiffres témoignent d’une aggravation continue de la situation.
À Paris, le nombre de sans-abri recensés est passé de 2 829 en 2021 à 3 507 en 2025, soit une hausse de 23,97 % en trois ans selon les données municipales. La situation est tout aussi alarmante lorsqu’on considère les familles : en 2024, 1 405 familles dormaient à la rue en Île-de-France, d’après UNICEF et la Fédération des acteurs de la solidarité.
Les limites du plan grand froid
Le plan grand froid a été levé le vendredi 9 janvier par la préfecture régionale, les conditions n’étant plus jugées « réunies » pour maintenir le dispositif. Les personnes sans-abri se retrouvent ainsi dans les mêmes conditions qu’avant sa mise en place.
Cette levée illustre le caractère profondément temporaire d’une réponse apportée à une problématique sociale permanente. L’accompagnement des personnes concernées pour le reste de l’hiver, voire de l’année, demeure largement incertain.
Par ailleurs, l’accès à l’hébergement d’urgence reste difficile tout au long de l’année : les demandes excèdent largement les capacités disponibles. En août 2025, près de 1 760 demandes d’hébergement n’ont ainsi pas pu être satisfaites en Île-de-France.
Cette situation touche de plus en plus les familles : en 2024, on observe une hausse de 8 % par rapport à 2023 des demandes non pourvues concernant des enfants de moins de trois ans. Cette évolution s’inscrit dans un contexte de réduction budgétaire : le budget consacré à l’hébergement d’urgence est passé de 1,4 milliard d’euros en 2023 à 1,3 milliard en 2024.
En France, cette même année, 855 personnes sont mortes dans la rue, dont 31 enfants.


















