La crise de l’IA n’est pas là où l’on croit

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La crise de l’IA n’est pas là où l’on croit

Le 22 février, une note de Citrini Research paraissait, faisant chuter les cours en bourse. Elle simulait une crise économique liée à l’IA en 2028. La crise est-elle pourtant là où on le croit ?

Le scénario catastrophe

À la parution de la note, les bourses américaines chutent : le Dow Jones (indice new-yorkais) recule de 1,66 %, le Nasdaq de 1,13 %. Le scénario décrit une économie dévastée par les conséquences de l’IA. Le voici.

En 2028, l’IA garantit la productivité, les entreprises observent des gains réels et immédiats. Concurrence oblige, elles se lancent dans la course. Très vite, un constat apparaît : les entreprises les plus menacées par l’IA sont précisément celles qui l’adoptent le plus agressivement.

Dans le scénario, l’utilisation massive de l’IA en entreprise aurait des répercussions directes sur l’emploi : un taux de chômage à 10,2 % en juin 2028, qui concernerait d’abord les cols blancs.

La dynamique continue : l’IA devient plus performante et moins coûteuse. C’est une spirale où les profits sont réinjectés dans de nouveaux cycles d’investissement en IA. Les salariés se trouvent ainsi un peu plus substituables à chaque itération. Une note qui appuie sur une crainte partagée en Occident : celle du chômage lié à l’IA. Pourtant, la crise de l’IA se trouve-t-elle vraiment là ?

Les entreprises les plus menacées par l’IA sont précisément celles qui l’adoptent le plus agressivement.

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Un financement circulaire source de fragilité

Plus que par son développement, c’est par son financement que l’IA pose question. OpenAI l’illustre parfaitement, avec un modèle circulaire où l’investisseur est aussi le client et le fournisseur.

Ainsi, Microsoft détient 27 % d’OpenAI qui, en retour, s’est engagé à payer 250 milliards de dollars de services à Azure, le cloud de Microsoft. De la même manière, NVIDIA investit 100 milliards de dollars dans OpenAI qui, en retour, lui achète ses puces pour fonctionner. C’est également le cas d’Oracle, qui fournit des centres de données et dont OpenAI est le principal client.

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Le besoin de résultats

Le problème de ce financement circulaire se posera si les résultats ne sont pas au rendez-vous. Si OpenAI, aujourd’hui déficitaire de 9 à 30 milliards de dollars, n’équilibre pas ses coûts et ses revenus, Oracle fera face au défaut de paiement de son principal client. Ce serait également dommageable pour Microsoft et NVIDIA.

Pour l’heure, le modèle tient, notamment parce que l’IA est financée de l’extérieur, en ponctionnant une part du capital d’activités et d’entreprises profitables. Reste à savoir si elle parviendra à vendre ses services de manière viable : c’est là le cœur du problème pour éviter que le système ne se retourne contre lui-même.

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Des risques d’approvisionnement

Il y a aussi les questions d’approvisionnement. Pour fonctionner, l’IA a besoin d’importantes quantités de puces électroniques. C’est la raison pour laquelle OpenAI investit en retour dans des entreprises de production de ces puces, comme AMD.

Or ces puces sont produites à Taïwan, notamment par TSMC. Un approvisionnement stratégique au cœur des problématiques géopolitiques, de quoi fragiliser l’ensemble du système.

À cela s’ajoute la question des terres rares, dont la production est détenue à plus de 70 % par la Chine et qui sont nécessaires à la fabrication de puces électroniques.


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