La fausse bonne idée du service militaire volontaire

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La fausse bonne idée du service militaire volontaire

Nous vivons dans un climat politique où le va-t-en-guerre est devenu la norme. Les discours martiaux s’enchaînent, les budgets militaires explosent, les chefs d’État européens rivalisent d’annonces belliqueuses, les pays se réarment… et, au milieu de tout cela, Emmanuel Macron dévoile un nouveau « service militaire volontaire » de dix mois. Trois mille jeunes triés en 2026, cinquante mille à terme. Cette annonce n’a rien d’innocent : elle s’inscrit dans une atmosphère où l’on prépare les esprits à l’idée que la guerre contre la Russie serait à la fois inévitable et souhaitable.

Dès lors, une question essentielle se pose : à quoi va réellement servir ce « service » — et surtout, qui va s’y retrouver ?

Un service national universel, socialement utile, au service de la défense du pays et de la paix, c’est une idée qui mérite le débat. Nous ne parlons pas d’une armée de projection pour aller guerroyer à l’autre bout du globe, mais d’une force populaire capable de protéger la population. L’armée, ce n’est pas que la guerre. L’actualité récente le montre : face aux catastrophes naturelles, aux épidémies, aux besoins humanitaires, la France manque d’une force formée, structurée, déployable immédiatement. Ce pourrait être une belle mission de solidarité, d’émancipation, de mixité et de cohésion.

Rien à voir avec la proposition de Macron. Son service sera volontaire, payé 900 euros. On peut déjà prendre les paris sur qui sera volontaire : nos frères, nos sœurs, les jeunes prolos, ceux que la République n’a pas su accueillir, former, protéger. Les jeunes que l’école a abandonnés, les jeunes en formation professionnelle, qui savent que, derrière, il n’y aura pas de débouchés. Les jeunes qui n’ont que deux options : l’usine ou l’armée. Disons même : qui n’ont qu’une option, l’armée ou rien, car des usines il n’y en a plus.

D’autant que le lien entre notre armée et la nation est déjà abîmé par un manque criant de contrôle démocratique : les parlementaires ne votent même pas l’envoi de nos troupes à l’étranger. Comment demander au peuple d’adhérer à une institution sur laquelle il n’a aucun droit de regard ?

Notre vision est tout autre : sortir de l’OTAN, retrouver une défense souveraine, sous contrôle populaire, au service du peuple et de la paix. Construire un service national qui s’inscrit en complément de l’Éducation nationale sans la remplacer. Nous ne voulons pas d’un instrument de gestion de la précarité ou de préparation idéologique à la guerre.

Oui à un service national qui protège la population, qui protège de la guerre et assure un contrôle populaire, pas un dispositif qui nous prépare à mourir pour garantir les intérêts des vendeurs de canon.


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