Benjamin a inauguré la saison des tempêtes. En provenance de l’Atlantique, elle a traversé l’Hexagone d’ouest en est dans la nuit du mercredi 22 octobre.
Placés en vigilance orange, les départements côtiers ont été les premiers touchés, subissant des vagues de submersion atteignant 4 à 5 mètres de haut et des rafales jusqu’à 150 km/h.
Des vents records en Corse
C’est la région corse qui a connu les plus fortes rafales : jusqu’à 170 km/h dans le Cap Corse jeudi soir. Plusieurs crues soudaines ont également été observées, dont celle du fleuve Fangu, où le corps sans vie d’un touriste allemand de 45 ans a été retrouvé, emporté par la rapidité de la montée des eaux.
Ce drame s’ajoute à sept blessés dans le pays, dont un sapeur-pompier à Bordeaux, et à 60 000 foyers privés d’électricité.
Des rafales à 170 km/h et 60 000 foyers plongés dans le noir : la tempête Benjamin inaugure une saison déjà inégale face aux risques climatiques.
Comment naît une tempête ?
Ces épisodes, typiques de l’automne, se forment par la conjonction d’une zone d’air chaud — en surface d’une mer ou d’un océan — et d’un vent fort en altitude.
Cette combinaison crée une perturbation : les vents s’intensifient, les nuages s’épaississent, la pluie s’installe.
Si les conditions se maintiennent, la perturbation évolue jusqu’au stade de tempête, avec des vents moyens dépassant 89 km/h, selon l’échelle de Beaufort.
Ces phénomènes, de plus en plus fréquents et intenses avec le réchauffement climatique, entraînent chaque année des conséquences humaines et matérielles souvent évitables.
Prévenir… mais pour qui ?
De nombreux outils existent pour anticiper les risques naturels : Météo-France, Géorisques, Vigicrues, ou encore des programmes de sensibilisation télévisés.
Mais rares sont les citoyennes et citoyens qui consultent quotidiennement ces ressources ou connaissent les bons réflexes à adopter.
Pour combler cette lacune, le gouvernement a déployé en 2022 le système FR-Alert, qui envoie des notifications d’alerte aux personnes présentes dans une zone à risque.
Problème : ce dispositif ne fonctionne que sur les smartphones récents (Android ou iOS postérieurs à 2020) et nécessite une connexion 4G ou 5G.
Autrement dit, les personnes les plus précaires et de nombreux territoires ruraux restent exclus du système — comme la vallée du Fangu, où un décès a eu lieu.
La prévention numérique, censée sauver des vies, s’arrête là où la 4G s’arrête.
Inégalités climatiques, inégalités sociales
Cette fracture numérique s’ajoute à une autre : celle de la couverture assurantielle.
Certaines communes ou foyers ne disposent pas des ressources suffisantes pour s’assurer contre les catastrophes naturelles aux tarifs imposés par les compagnies privées, qui segmentent le marché à leur guise, fixant primes et franchises selon les profils.
Résultat : des territoires vulnérables laissés seuls face aux tempêtes et aux crues.
Or, le projet de loi de finances pour 2026 ne prévoit aucune hausse des moyens dédiés à la prévention ni aucune régulation accrue du marché de l’assurance.
Vers un plan d’adaptation communiste
Face à ces inégalités territoriales et sociales, le Parti communiste français prévoit de publier d’ici fin 2026 un Plan d’adaptation au changement climatique communiste pour la France, à l’image du Plan Climat Empreinte 2050présenté en 2023.
Objectif : garantir à chaque territoire, quel que soit son niveau de richesse, les mêmes capacités de prévention et de résilience face aux aléas climatiques.


















