Le blocus américain s’enlise dans le détroit

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Le blocus américain s’enlise dans le détroit

Après un mois et demi d’un conflit déclenché par les frappes israélo-américaines du 28 février, le Moyen-Orient reste suspendu à un cessez-le-feu précaire. L’Iran tient. Washington négocie. Et le détroit d’Ormuz, désormais passage filtré, est devenu le thermomètre d’un rapport de force que les États-Unis peinent à retourner à leur avantage.

Vingt et une heures pour rien à Islamabad

Les 11 et 12 avril, Islamabad a accueilli la rencontre entre les États-Unis et l’Iran. Le vice-président américain JD Vance, accompagné de Jared Kushner et de l’envoyé spécial Steve Witkoff, a négocié pendant plus de vingt et une heures avec la délégation iranienne, sous médiation pakistanaise.

Au terme des pourparlers, Vance a quitté Islamabad sans accord, affirmant avoir formulé une « offre finale et la meilleure possible ». Côté iranien, le porte-parole de la diplomatie Esmaeil Baqaei a évoqué « la complexité des problèmes » et l’ajout en cours de négociation de « nouveaux sujets », notamment la question du détroit d’Ormuz et les dossiers régionaux.

Les points d’achoppement sont connus : Washington exige la remise de l’uranium enrichi iranien et la mise en place de mécanismes rendant tout nouvel enrichissement impossible. Téhéran, de son côté, conditionnait toute avancée à l’extension du cessez-le-feu au Liban et au déblocage de ses avoirs gelés. Le Pakistan a rapidement appelé à ce que la trêve reste observée malgré l’échec.

Un double blocus qui paralyse la navigation

Le détroit d’Ormuz fonctionne aujourd’hui sous une double contrainte. D’un côté, l’Iran filtre les navires qui souhaite franchir le détroit. De l’autre, la flotte américaine, positionnée au large dans l’océan Indien, intercepte les navires commerciaux à destination ou en provenance de l’Iran.

Washington a également mis fin à la dérogation permettant à l’Iran d’exporter son pétrole, dérogation qui expirait le 19 avril. Avec une économie dépendant à près de 90 % du commerce maritime selon les estimations, l’Iran voit sa situation se détériorer.

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Téhéran ne cède pas, Washington recule

Les ambitions américaines ont considérablement rétréci depuis le début du conflit. Le « changement de régime » et la « capitulation sans conditions » revendiqués en février ont cédé la place à une exigence plus restreinte de fin du programme nucléaire iranien dont on peine a saisir les contour tant il est fantasmé. Une concession iranienne sur ce seul point suffirait, selon plusieurs sources, à permettre à Trump de proclamer une victoire.

Mais Téhéran ne l’entend pas ainsi. Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a affirmé que les États-Unis « négocient avec eux-mêmes ». Le plan américain en quinze points, transmis via des médiateurs pakistanais et portant sur le nucléaire, les missiles balistiques et la réouverture du détroit, a été formellement rejeté par la télévision d’État iranienne. La diplomatie iranienne reconnaît seulement avoir reçu des « messages » américains transmis par des « pays amis ».

« La guerre prendra fin lorsque l’Iran décidera d’y mettre fin. »
Source anonyme citée par Press TV

Trump, de son côté, s’est montré plus optimiste sur Fox News : « Je pense que la guerre touche à sa fin. » Le Pakistan, médiateur actif, tente de prolonger le cessez-le-feu qui expire le 21 avril et d’organiser un second cycle de négociations. Les deux parties auraient donné leur accord de principe à une nouvelle rencontre, sans que date ni lieu n’aient été fixés.

La Chine en arbitre discret

Le président Xi Jinping a critiqué la guerre en termes directs lors d’une rencontre avec le prince héritier d’Abu Dhabi, rappelant qu’on « ne peut pas recourir au droit international quand cela arrange et l’abandonner quand cela ne convient pas ».

Trump a affirmé avoir reçu de Xi Jinping l’assurance écrite qu’il ne fournirait pas d’armes à l’Iran, ajoutant sur Truth Social que « la Chine est ravie » de le voir « ouvrir définitivement le détroit d’Ormuz ».

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Le conflit au Moyen-Orient n’est pas près de trouver une issue rapide. Ce qui se dessine, en revanche, c’est un rapport de force que les États-Unis n’ont pas réussi à imposer militairement et qu’ils tentent désormais de renverser par l’asphyxie économique. L’Iran, lui, joue la durée, convaincu que la patience stratégique l’emporte sur la brutalité.

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