Durant les premières années de la dictature, le Chili, devenu le laboratoire du néolibéralisme, connaît une importante croissance économique, engendrée par la privatisation massive et l’augmentation du prix du cuivre et des exportations. Mais ce modèle économique naissant a rapidement montré ses fragilités dès la crise du début des années 1980, qui frappe les pays d’Amérique latine.
En 2023, 39 % des Chiliens estimaient que Pinochet avait permis le développement économique du pays. Pourtant, la mise en place du néolibéralisme s’est directement accompagnée d’une augmentation des inégalités sociales. Aujourd’hui, le Chili est l’un des pays les plus inégalitaires de toute l’OCDE.
- Un écart massif entre poids démographique (1%) et part des revenus (33%).
- Une majorité de salariés sous un seuil mensuel bas (730 €).
- En 2019, l’activité rémunérée des femmes reste inférieure à la moitié, avec une forte précarité (31% sans contrat/protection).
On estime qu’1 % des Chiliens concentrent 33 % des revenus du pays, tandis que 70 % des salariés gagnent moins de 730 euros par mois. En 2019, moins de la moitié des femmes avaient accès à une activité rémunérée et 31 % travaillaient sans contrat ni protection sociale ou de santé.
Malgré tout, pour une partie des Chiliens, le sentiment d’appartenance de classe trouve ses réponses dans le discours de la droite. En effet, la gauche est accusée de semer le chaos, de désavantager les travailleurs « méritants » au profit des Mapuches et des immigrés. Cuba et le Venezuela sont alors érigés en exemples de « dictatures communistes » favorisant la criminalité et la baisse des conditions matérielles d’existence. Au Chili, l’anticommunisme est si fort que les symboles, références et figures communistes tendent à être effacés de l’histoire nationale.


















