Le budget 2026 à été adopté, avec beaucoup d’horreurs. Le financement du permis de conduire via le CPF : c’est fini ! Une ligne de plus dans un tableau Excel, peut-être. Mais pour des millions de jeunes, c’est un coup de massue.
Aujourd’hui, le permis n’est pas un confort. C’est une condition d’accès à la vie sociale et professionnelle. Pour aller travailler quand les transports sont inexistants. Pour accepter un stage, un apprentissage, un CDD. Pour ne pas être condamné à refuser des opportunités faute de mobilité. Dans de nombreux territoires, sans permis, pas d’emploi. Le supprimer du CPF, c’est fermer encore un peu plus de portes à celles et ceux qui en ont déjà le moins.
Encore une fois, ce sont les jeunes des classes populaires qui paieront l’addition. Ceux dont les parents ne peuvent pas avancer 1 500 ou 2 000 euros. Ceux qui devront choisir entre passer le permis ou payer un loyer, se nourrir, s’équiper pour leurs études. Pendant que certains passeront le permis “normalement”, d’autres devront renoncer, attendre, ou s’endetter.
Le gouvernement ose parler de “responsabilisation”. En réalité, il organise l’assignation sociale. Tu n’as pas les moyens ? Tant pis pour toi. Débrouille-toi. Ou reste à ta place.
Nous refusons cette logique. Le permis de conduire doit être considéré pour ce qu’il est : un outil d’émancipation. À ce titre, il doit être gratuit et accessible à toutes et tous.
Mais attention : nous ne défendons pas un simple “chèque permis”. Donner de l’argent public sans condition, c’est surtout subventionner des entreprises privées, les auto-écoles, sans remettre en cause les inégalités d’accès. Ce n’est pas une politique publique, c’est un transfert d’argent.
Ce que nous revendiquons, c’est la création d’un véritable service public du permis de conduire. Des auto-écoles publiques, avec des moniteurs salariés, des tarifs nuls ou symboliques, une implantation sur tout le territoire. Un service pensé pour l’intérêt général, pas pour la rentabilité.
Comme pour l’école, comme pour l’université, la mobilité ne doit pas dépendre du portefeuille des parents. La jeunesse n’a pas besoin de bricolages budgétaires, elle a besoin de droits.


















