Retour sur le projet de loi
Le 1er mai 2024, des boulangers vendéens étaient verbalisés pour avoir fait travailler leurs salariés. Un an plus tard, en avril 2025, deux sénateurs centristes déposaient une proposition de loi pour élargir le travail du 1er Mai.
En juillet 2025, le Sénat l’adoptait. Son examen à l’Assemblée nationale devait avoir lieu en avril 2026. Dès janvier, les syndicats, unitaires, dénonçaient le grave recul de ce texte, et insistaient sur la particularité du 1er Mai.
Ce n’est pas un jour férié comme les autres. Il s’agit du seul jour férié légalement obligatoire. Il est chômé et payé dans toutes les professions. Seuls les secteurs imposant une continuité de service en sont exclus, les travailleurs sont alors payés double.
Concrètement, le texte proposait de « permettre aux salariés de certains établissements et services de travailler ». Cela, sur la base du volontariat. Pour la droite, ce texte entendait défendre les petits commerçants. En réalité, les artisans pouvant déjà ouvrir, ce texte défendait surtout les grands groupes. Selon les termes de la loi, l’industrie agroalimentaire aurait pu être incluse. C’est dire.
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Le passage en force comme seule méthode
Après son adoption par le Sénat, l’examen de la loi à l’Assemblée nationale devait avoir lieu en avril. C’était sans compter la « petite politique politicienne », dénonçait Sophie Binet au micro de RTL. Car le 10 avril, les députés macronistes ont déposé une motion de rejet sur leur propre texte, afin d’accélérer les débats et de passer en force. Ils visaient une adoption avant le 1er Mai.
Par ce rejet, le texte aurait dû aller en commission mixte paritaire (7 députés, 7 sénateurs) pour y être approuvé, la composition lui étant favorable. Un passage en force à peine masqué, que dénonça directement le groupe GDR.
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Syndicats et communistes à la manœuvre
Les syndicats sont alors convoqués pour le 13 au soir. Ulcérée, Sophie Binet déclare le matin même : « ce soir, il faut des actes très forts et très clairs. »
Des mots entendus par le Groupe communiste qui, en parallèle de la mobilisation syndicale, avait pris l’initiative, dès le 10 avril, de préparer une motion de censure. S’assurant des signatures de la FI et des Verts, les communistes travaillaient à obtenir celles du PS. L’objectif était clair : prendre le gouvernement en étau avec les syndicats.
Ce soir, il faut des actes très forts et très clairs. — Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT
Peu après, Stéphane Peu, président du groupe GDR (PCF), annonce que son groupe est prêt à déposer la motion. Par la voix d’Olivier Faure, le PS menace de censurer. Le pari du PCF se renforce.
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À l’issue de la réunion avec l’intersyndicale, le premier ministre prend la parole et annonce renoncer à réunir la commission mixte paritaire. Un recul amer pour les macronistes et la droite, une victoire temporaire pour les travailleurs. De quoi donner au 1er Mai des allures de fête.
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