Comme chaque année, l’UEC organise la Semaine de la Pensée marxiste. Fidèle à notre ambition de faire vivre la pensée de Marx, elle doit nous permettre de confronter les outils du marxisme aux grandes questions de notre temps. Cette année, c’est l’intelligence artificielle qui animera les débats dans nos secteurs.
Depuis près de 66 ans, l’UEC fait vivre ces temps de réflexion collective. De l’écologie à l’antiracisme, de la religion aux bouleversements technologiques, aucun terrain n’échappe à la nécessité de repenser le marxisme à partir des contradictions de notre époque.
Aujourd’hui, il est incontestable que l’IA s’est fait sa place dans tous les secteurs de la société. L’enseignement supérieur et la recherche ne font pas exception. De l’aide à la rédaction au traitement des données, c’est déjà notre rapport au savoir, au travail et à la production qui se transforme. Face à cela, le débat public s’en retrouve souvent piégé. On nous invite à penser l’IA comme un danger qui pourrait, dans un avenir proche, échapper à tout contrôle. Qu’elle supprimerait des emplois, rendrait l’université obsolète. Cette manière de penser le problème est pourtant un leurre.
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Nous, communistes, n’avons jamais eu l’habitude de laisser les bouleversements technologiques aux seuls ingénieurs, experts ou au patronat. Dès la première Semaine de la pensée marxiste, en 1961, la cybernétique et l’entrée de l’informatique dans l’organisation de la production faisaient l’objet de débats intenses. Le point de départ reste le même qu’aujourd’hui : la technique n’est pas une force autonome. Les usages de la science dépendent toujours des rapports sociaux qui en orientent le sens, les finalités et les effets.
Il nous faut donc penser les transformations scientifiques et techniques, non pour les rejeter en bloc, mais pour comprendre les intérêts qu’elles servent. Loin d’être une menace abstraite, l’IA doit donc être envisagée pour ce qu’elle est : un nouvel outil de production. La véritable question ne réside donc pas dans un affrontement imaginaire entre l’humain et la machine, mais dans le contrôle de cet outil. Or, son développement est aujourd’hui largement géré par quelques grands groupes privés du numérique.
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Ce constat nous oblige à regarder les conditions de son développement. L’IA n’a rien d’immatériel : elle repose sur des infrastructures lourdes, sur l’accès à des matériaux critiques qui cristallisent les tensions mondiales, et sur des data centers dont les besoins énergétiques interrogent directement notre modèle de développement. Ces risques sont concrets. Mais ils n’imposent pas le rejet de la technologie ; ils posent au contraire la question de sa maîtrise.
Qui produit, qui décide, qui profite ?
À cela, nous répondons donc par la planification, la coopération et la formation.
La planification, car un tel développement ne peut être abandonné aux seuls intérêts privés. La coopération, parce que la concurrence pour les ressources, les savoirs et les infrastructures alimente les conflits au lieu de répondre aux besoins humains. La formation, enfin, car les étudiants comme les travailleurs doivent pouvoir comprendre, discuter et maîtriser les outils qui transforment déjà leurs conditions de travail et d’études.
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Faire de l’intelligence artificielle un sujet de la Semaine de la pensée marxiste, c’est rappeler avant tout une question essentielle : Qui produit, qui décide, qui profite ?
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