Au 27e jour d’un conflit déclenché par les frappes israélo-américaines du 28 février, Donald Trump affirme négocier avec Téhéran. L’Iran dément toute discussion directe, mais acte une réouverture partielle du détroit d’Ormuz aux navires des pays non belligérants.
Trump revendique des négociations, Téhéran nie
Depuis le 23 mars, Donald Trump assure mener des discussions « très solides » avec un « haut dirigeant » iranien qu’il refuse d’identifier, tout en suspendant pour cinq jours des frappes promises contre les infrastructures énergétiques iraniennes. Washington a transmis à Téhéran, via des médiateurs pakistanais, un plan de paix en quinze points portant notamment sur le programme nucléaire, les missiles balistiques et la réouverture du détroit d’Ormuz. L’Égypte, la Turquie et le Pakistan se sont positionnés comme intermédiaires actifs.
Téhéran rejette publiquement toute négociation directe. « L’Iran n’a pas l’intention de négocier », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, affirmant que les États-Unis « négocient avec eux-mêmes ». Le plan américain en quinze points a été formellement rejeté par la télévision d’État iranienne. « La guerre prendra fin lorsque l’Iran décidera d’y mettre fin », a précisé un responsable anonyme cité par Press TV. La diplomatie iranienne reconnaît seulement avoir reçu, via des « pays amis », des « messages transmettant une demande américaine de négociations ».
Ormuz partiellement rouvert, l’étau desserre
Fermé de facto depuis les frappes du 28 février, le détroit d’Ormuz — par lequel transite 20 % de la production mondiale d’hydrocarbures — est partiellement rouvert depuis le 24 mars. Dans un communiqué adressé à l’Organisation maritime internationale (OMI), Téhéran a annoncé que les « navires non hostiles » pouvaient bénéficier d’un « passage sûr en coordination avec les autorités compétentes », à condition de ne pas participer aux opérations belligérantes ni de les soutenir. Les navires liés aux États-Unis et à Israël restent exclus du transit.
Quelques navires commerciaux asiatiques ont d’ores et déjà franchi le détroit — deux méthaniers indiens et un pétrolier sous pavillon panaméen à destination de la Chine. Les cours du pétrole ont reculé de 6 % à l’annonce, signe de l’impact économique considérable qu’avait eu la fermeture : du 1er au 21 mars, le nombre de passages avait chuté de 95 % par rapport au rythme habituel. Vingt-deux pays, dont la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, s’étaient déclarés prêts à contribuer à la sécurisation durable du détroit.
Les frappes se poursuivent, le sort du conflit reste suspendu
Malgré les signaux diplomatiques, les opérations militaires continuent. Un projectile a frappé les abords de la centrale nucléaire iranienne de Bouchehr — sans dégâts structurels selon l’AIEA, qui a appelé à la « retenue maximale afin d’éviter tout risque pour la sûreté nucléaire ».
L’ultimatum de cinq jours posé par Trump arrive à échéance ce samedi 28 mars. Une réunion en personne entre représentants des deux camps était envisagée à Islamabad, sans confirmation à ce stade. Les frappes américaines et israéliennes ont déclenché une guerre que Washington cherche désormais à conclure rapidement, sans avoir encore obtenu aucun de ses objectifs déclarés.


















