L’escalade des tensions entre les États-Unis et le Venezuela ne montre aucun signe d’apaisement. Dès le 28 août, Washington a commencé à déployer d’importants moyens navals et aériens dans les Caraïbes, à proximité des frontières vénézuéliennes. Dernier symbole en date de cette démonstration de force : le USS Gerald Ford, plus grand porte-avions du monde, désormais stationné dans la région, escorté par huit navires de guerre, plusieurs dizaines d’avions de chasse, un sous-marin nucléaire et plus de 15 000 soldats.
Au cours des dernières semaines, les forces américaines ont abattu plusieurs embarcations sous couvert d’opérations « antinarcoterroristes », provoquant la mort de plus de 70 personnes. Ces actions, qualifiées d’« exécutions extrajudiciaires » par des experts de l’ONU, ont suscité de vives préoccupations quant à de possibles violations graves du droit international.
Cette montée en puissance s’inscrit dans la continuité du durcissement des sanctions économiques imposées au Venezuela depuis 2015, sous l’administration Obama. En 2024, Donald Trump a franchi un nouveau cap : résiliation des licences pétrolières accordées aux entreprises opérant sur place, surtaxes de 25 % contre les pays important du brut vénézuélien… Résultat : les exportations de pétrole ont reculé de 11,5 % en mars, amputant un pilier central de l’économie du pays.
La question qui se pose désormais : jusqu’où les États-Unis sont-ils prêts à aller pour obtenir un « changement de régime » à Caracas ? En s’appuyant sur le Panama, l’Argentine et le Salvador, Washington cherche à reconfigurer l’équilibre régional et à affaiblir durablement les gouvernements cubain, bolivien et vénézuélien.
Une intervention militaire directe pourrait embraser toute la région et mettre en péril certains intérêts américains. L’hypothèse privilégiée semble donc être celle d’une stratégie hybride, plus discrète, comme en témoigne le feu vert donné à la CIA pour intensifier ses opérations au Venezuela, ou encore la tentative d’attentat récemment déjouée près de l’ambassade des États-Unis à Caracas, dénoncée comme une opération sous « faux drapeau ».
Alors que les tensions atteignent un niveau inédit, les Vénézuéliens se préparent désormais au pire.


















