Ouragan Melissa : les populations caribéennes victimes du réchauffement climatique

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Ouragan Melissa : les populations caribéennes victimes du réchauffement climatique

Un événement météorologique extrême

En cette fin octobre, les Caraïbes ont été touchées par un ouragan hors-norme. L’ouragan Melissa s’est formé d’abord sous forme de tempête le 21 octobre dans la Mer des Caraïbes puis s’est intensifié avant de se déplacer vers la Jamaïque. Des vents dépassant 280 km/h ont été enregistrés, l’ouragan a aussi entraîné des pluies torrentielles et des vagues importantes sur les côtes. Plus forte tempête de l’année, il est classé catégorie 5 quand il touche la Jamaïque sur l’échelle de Saffir-Simpson : la catégorie la plus élevée.

L’échelle de Saffir-Simpson classifie l’intensité des cyclones tropicaux, nommés « ouragans ». Elle permet de faire correspondre l’intensité des vents avec les dégâts générés.

Le réchauffement climatique rend ces ouragans plus fréquents et plus intenses, selon le GIEC.

Toutefois, si ce type d’ouragan est aujourd’hui exceptionnel, il risque d’être plus courant, plus probable à l’avenir car le réchauffement climatique augmentera sûrement la fréquence et l’intensité de ces évènements météorologiques, d’après les modèles du GIEC. Pour les ouragans particulièrement, le réchauffement des océans les favorise car ils naissent au-dessus de mers chaudes.

Un risque majeur sur les populations et les sociétés

Plusieurs îles ont été fortement touchées par l’ouragan, en commençant par la Jamaïque le 28 octobre. La tempête a ensuite atteint Cuba et Haïti les 28 et 29 octobre, pour finir par les Bahamas.

Les aléas sont triples avec ces ouragans : d’abord les vents forts, puis les vagues de tempêtes sur les côtes, enfin les pluies et les crues.

Ainsi, l’Ouest de la Jamaïque est la zone qui a connu les vents les plus forts, alors que la paroisse de Saint-Elizabeth au Sud de l’île a été submergée par la houle.

Les populations les plus vulnérables paient le prix fort.

Au Sud d’Haïti, les fortes pluies ont, elles, fait déborder la Digue inondant les communes alentour et causant le décès d’au moins 10 personnes. Les dégâts sont particulièrement importants : 530 000 Jamaïcains sont encore privés d’électricité. Plusieurs hôpitaux ont été endommagés à Saint-Elizabeth.

Santiago de Cuba a également été inondée et les vents ont fait de nombreux dégâts. Pour le reste de l’île, plusieurs inondations et glissements de terrains ont isolé des quartiers. D’un point de vue humain, l’ouragan a causé l’évacuation de nombreuses personnes : 735 000 juste à Cuba. Les plus importantes pertes humaines se trouvent sur l’île Haïti avec 24 morts, 17 blessés et 18 disparus.

Gestion de la catastrophe

La préparation détermine le bilan humain.

Les îles des Caraïbes sont exposées à de nombreux aléas naturels : les ouragans bien sûr, mais aussi les risques volcaniques, les séismes, les tsunamis et la submersion marine. Ces différents pays sont alors régulièrement soumis à ces risques, pouvant avoir des conséquences catastrophiques.

Toutefois, la gestion de l’événement et plus généralement la prévention des risques sont différentes selon les pays. De nombreuses évacuations ont ainsi été organisées à Cuba. L’île a alors connu relativement peu de victimes car l’état d’alerte a été déclenché avant l’arrivée de l’ouragan.

À Haïti, l’alerte a été donnée et des abris d’évacuation ont été préparés avant l’arrivée de l’ouragan mais la crise humanitaire et alimentaire sur l’île a conduit à une vulnérabilité de la population.

Pour la Jamaïque, l’Etat a déclaré l’ensemble de l’île comme zone sinistrée mais peu de précautions semblent avoir été mises en place en amont.

Face aux catastrophes climatiques, l’organisation préalable sauve des vies : l’exemple cubain le montre clairement.


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