Mi-février, la Banque de France publiait un rapport sur le surendettement en 2025. Le nombre de jeunes dans cette situation augmente et interroge, alors que le sujet croise de nombreuses problématiques que connaît la jeunesse française.
L’emploi et les revenus
Un constat général s’impose : le surendettement est un phénomène lié aux conditions de vie — salaire, stabilité de l’emploi. Contrairement à une idée répandue, le nombre de dossiers liés à une mauvaise gestion financière est minoritaire. Les causes sont à chercher du côté des facteurs socio-économiques.
- 62% des ménages surendettés vivent sous le seuil de pauvreté.
- Bascule souvent liée à un imprévu : perte d’emploi, santé, séparation.
- Facteurs socio-économiques dominants (la « mauvaise gestion » reste minoritaire).
En règle générale, le facteur de basculement dans le surendettement concerne le revenu disponible. Ainsi, 62 % des ménages surendettés vivent sous le seuil de pauvreté. Une autre part importante concerne les ménages aux faibles revenus, mais supérieurs au seuil de pauvreté, qui basculent à la suite d’un imprévu : perte d’emploi, problèmes de santé ou séparations conjugales.
Concernant les jeunes de 18 à 29 ans touchés par le surendettement, le nombre est en nette augmentation. De 6 061 dossiers en 2022, il est passé à 17 087 en 2025, soit près du triple. Là aussi, ces mêmes facteurs économiques jouent un rôle essentiel.
Ainsi, 37 % de ces jeunes surendettés sont au chômage, et 62 % (chômeurs inclus) sont employés ou salariés. Des catégories sociales souvent touchées par les contrats courts et les faibles revenus.
De facto, la Banque de France pose l’insertion dans l’emploi comme l’enjeu central pour faire face au surendettement. Au regard des statistiques, on pourrait y ajouter la question de la sécurité des compétences et de l’emploi.
Logement et consommation
Si l’emploi et le travail expliquent en partie le basculement dans le surendettement, reste à comprendre la nature des dettes. En clair, pourquoi certains jeunes s’endettent-ils ?
- Dette médiane plus faible : les jeunes ont moins d’actifs, moins de crédits longs.
- Endettement davantage « court terme » : conso, fractionné, microcrédit.
- Le logement pèse aussi via les charges courantes (13% à l’échelle générale).
L’endettement médian des jeunes est inférieur à celui de l’ensemble des dossiers (13 790 € contre 17 591 €). Cela s’explique par un endettement centré autour de la consommation.
La place des crédits à la consommation est majoritaire (57 %), souvent composés de microcrédits ou de paiements fractionnés. Il s’agit donc principalement de dépenses du quotidien, révélatrices d’une fragilité sociale, aggravée par des emplois précaires et peu rémunérateurs.
Le logement n’est pas étranger à cette situation. Si les dettes liées aux charges courantes ne sont pas chiffrées spécifiquement pour les jeunes, elles représentent 13 % des dettes à l’échelle générale. On peut supposer une part non négligeable pour les jeunes.
Cela semble se confirmer lorsque l’on observe la situation résidentielle des jeunes surendettés : seulement 2 % sont propriétaires, tandis que 25 % sont hébergés à titre gratuit. La précarité qui entoure l’accès au logement peut ainsi conduire, ou contribuer, au surendettement.
Les femmes plus touchées
Une dernière analyse concerne les dynamiques de genre. Les femmes apparaissent moins protégées face au surendettement. Tous âges confondus, elles représentent 59 % des dossiers, une proportion identique chez les jeunes.
- Ruptures conjugales : surcoûts + réorganisation du budget.
- Inégalités de revenus et de protection face aux aléas.
- Poids du logement et des charges dans les budgets contraints.
La combinaison des facteurs précédemment évoqués explique notamment la place des ruptures conjugales dans les situations de surendettement. Celles-ci entraînent des surcoûts et une réorganisation économique du ménage qui fragilise les équilibres financiers.
Cela se reflète dans la situation des familles monoparentales. Alors qu’elles ne représentent que 10 % des ménagesselon la Banque de France, elles concentrent un cinquième des dossiers de surendettement. Pour rappel, plus de 80 % des familles monoparentales sont portées par des femmes.


















