Le fonds vert recule au moment où les besoins explosent

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Le fonds vert recule au moment où les besoins explosent

Alors que le gouvernement affirme renforcer son engagement écologique, le projet de loi de finances 2026 révèle au contraire des coupes majeures, notamment dans le fonds vert, et une nouvelle fiscalité qui risque de peser davantage sur les usagers que sur les grands producteurs.

Un budget vert en recul

L’Assemblée nationale discute actuellement le nouveau projet de loi de finances pour 2026. Bien que les discours officiels multiplient les promesses vertes, les chiffres du nouveau budget, eux, ne disent pas exactement la même chose. Pour rappel, le « budget vert », c’est-à-dire les dépenses de l’État jugées favorables à l’environnement, est estimé à 45,8 milliards.

La coupe budgétaire la plus importante concerne le fonds vert, qui permettait depuis quelques années d’accompagner sur les territoires des projets de transformation écologique, comme l’installation de panneaux photovoltaïques, de pistes cyclables ou de réseaux de chaleur renouvelable. Ce dernier serait divisé par deux. Par conséquent, les communes et villages ne pourront pas répondre à la demande de la population qui souhaite s’adapter au changement climatique.

Les collectivités, et donc les particuliers qui en dépendent, se trouveraient ainsi amputés des moyens nécessaires pour faire face aux dangers du dérèglement climatique. Insatisfait de simplement réduire les ressources, le nouveau projet de loi de finances prévoit également une nouvelle taxe pour les usagers et consommateurs : une taxe sur les déchets.

À première vue, la mesure pourrait sembler positive pour l’environnement : elle inciterait les consommateurs à privilégier le vrac et à composter davantage. En réalité, la taxe ciblerait surtout l’enfouissement et l’incinération des déchets. Une augmentation de la TGAP (Taxe générale sur les activités polluantes) pourrait effectivement encourager les collectivités à investir dans le compostage ou dans des centres de tri à haute performance… si le fonds vert n’avait pas été réduit de moitié. Quant à la taxe sur le plastique non recyclé, elle pourrait contribuer à responsabiliser les producteurs.

Une fiscalité qui pèsera sur les usagers

Ces mesures sont-elles vraiment réalisables ? Sans doute, mais à un certain prix : le manque d’infrastructures dans les collectivités risque de poser problème à court terme. En effet, les pratiques actuelles d’enfouissement et d’incinération ne pourront pas cesser immédiatement. Les collectivités, privées d’une partie de leurs ressources, risquent d’être directement pénalisées. De plus, la capacité globale de recyclage en France reste insuffisante : la hausse de la TGAP risque d’entraîner une hausse des prix et d’impacter directement les usagers.

Tout cela pose un problème d’ordre social : les foyers risquent de payer plus cher le traitement de leurs déchets. Les communes rurales ou peu denses seront encore plus pénalisées, les solutions de tri étant plus coûteuses. C’est encore une fois les usagers qui paieront à la place des gros producteurs.

Si le projet de loi de finances 2026 marque quelques avancées en matière environnementale, elles demeurent limitées face à l’ampleur des défis climatiques. Les attentes de la population, de plus en plus consciente de l’urgence écologique, contrastent avec la lenteur des réponses politiques. Le gouvernement semble encore hésiter à faire de la transition écologique une véritable priorité nationale.


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