Retrait de la loi Yadan, une victoire pour l’égalité 

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Retrait de la loi Yadan, une victoire pour l’égalité 

Les polémiques récentes autour de la loi Yadan, finalement retirée, nous obligent à prendre une position claire, ferme et utile.

D’abord, il faut partir du réel : la montée de l’antisémitisme est un phénomène grave dans notre pays. Elle se manifeste de multiples façons, parfois violentes, souvent insidieuses. Elle touche des femmes et des hommes parce qu’ils sont juifs, et cela doit être combattu sans ambiguïté, sans relativisme, sans détour.

Encore faut-il se donner les moyens de mener ce combat efficacement. La loi Yadan ne permettait pas de lutter contre l’antisémitisme. Pire, elle risquait d’en décrédibiliser la lutte. En assimilant la critique de la politique de l’État d’Israël à de l’antisémitisme, elle entretenait une confusion dangereuse. Elle assimilait aussi les juifs de France à un gouvernement israélien aujourd’hui dominé par une extrême droite agressive et coloniale. Cette confusion est non seulement fausse, mais elle alimente précisément les logiques que nous combattons.

Nous devons tenir une ligne claire : nous pouvons et devons combattre sans relâche l’antisémitisme, y compris lorsqu’il se dissimule derrière un prétendu soutien au peuple palestinien. Car oui, certaines dérives existent, et elles doivent être nommées et sanctionnées. Dans le même temps, la solidarité avec le peuple palestinien est légitime, et elle ne doit en aucun cas être criminalisée.

La République doit être intraitable avec celles et ceux qui propagent la haine. Au-delà des sanctions, il faut s’attaquer aux racines du problème. On ne fera pas reculer durablement l’antisémitisme, le racisme et toutes les formes de haine sans reconstruire du commun. Cela passe par le renforcement des services publics, par l’éducation, par la lutte contre les inégalités, par la recréation de lien social. En un mot : par la construction d’une République vivante, sociale et fraternelle.

Cette loi arrivait dans un moment particulier : celui d’une double dynamique dangereuse. D’un côté, une tendance à criminaliser les mobilisations en soutien au peuple palestinien. De l’autre, un risque de marginalisation de cette cause, alimentée par des dérives communautaires, parfois antisémites, et des modes d’action minoritaires qui isolent plus qu’ils ne rassemblent.

Nous appelons dès maintenant à l’instruction d’un débat serein et apaisé. Nous sommes aussi lucides : un futur texte sera déposé par les mêmes macronistes. Tant que la droite continuera d’instrumentaliser la lutte contre l’antisémitisme à des fins politiques, ce débat restera fragilisé. 


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