Tony Blair, le “caniche de Bush” devenu berger anglais de Trump

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Tony Blair, le “caniche de Bush” devenu berger anglais de Trump

Tony Blair fut le chef du Parti travailliste britannique de 1994 à 2007. Artisan du tournant libéral du Labour, il dirigea le Royaume-Uni pendant dix ans et plongea son pays dans la guerre d’Irak, où périrent près de 200 Britanniques et plus de 100 000 Irakiens. Depuis, ses efforts au service de l’impérialisme occidental au Moyen-Orient n’ont jamais faibli — y compris après son retrait de la vie politique en 2010 et son entrée dans le secteur privé.

Celui que la presse surnommait le “caniche de Bush” (Bush’s poodle) dirige aujourd’hui un empire économique influent et se rêve en chef d’une future autorité palestinienne au service des intérêts américains.

Le boucher de l’Irak

C’est en 2003 que Tony Blair fait véritablement irruption sur la scène moyen-orientale, en suivant avec une docilité exemplaire l’invasion de l’Irak par les États-Unis. Il reprend alors mot pour mot la rhétorique mensongère de Washington sur les prétendues “armes de destruction massive” détenues par le régime de Saddam Hussein.

Il entraîne ainsi le Royaume-Uni dans une guerre profondément impopulaire. Les conséquences sont connues : guerre civile irakienne puis syrienne, dizaines de milliers de morts civils, explosion du terrorisme… Aucune de ces catastrophes ne conduit Blair à renier sa participation à la seconde guerre du Golfe, qu’il continue de justifier au nom de la démocratie.

Businessman diplomate

Son implication dans la région ne s’arrête pas avec la fin de son mandat. À peine démissionnaire, il est nommé envoyé spécial du “Quartet” mené par les États-Unis, aux côtés de la Russie, de l’Union européenne et de l’ONU. Ce groupe est censé œuvrer au « développement des territoires palestiniens » et à la « paix entre Israël et la Palestine ». Si aucune avancée concrète n’a été enregistrée, les opportunités d’affaires pour Tony Blair, elles, se sont multipliées.

Selon les journalistes Benjamin Barthe et Philippe Bernard, l’ancien Premier ministre aurait empoché, entre 2007 et 2013, plus de 90 millions de dollars grâce à la Tony Blair Institute for Global Change (TBI) et à un vaste réseau de sociétés et d’entités juridiques.

S’il n’a jamais remis en cause la colonisation de la Palestine, il s’en est servi pour faire fructifier ses intérêts — allant jusqu’à demander à Israël de ne pas bombarder les zones où il avait investi.

Un empire au service de l’Occident

L’empire Blair est aujourd’hui un enchevêtrement d’entités mêlant conseil, lobbying et “philanthropie”. Ses clients vont de grandes entreprises internationales à des chefs d’État. L’activité de Blair au Moyen-Orient n’a jamais dévié de ses intérêts économiques directs, étroitement alignés sur l’impérialisme occidental.

Aujourd’hui, il est présenté dans le Plan Trump comme la caution neutre et européenne appelée à diriger l’entité de tutelle d’un futur État palestinien. Un projet qui n’a rien de neutre : il évoque plutôt la résurrection, près de quatre-vingts ans après sa fin, de la Palestine mandataire.


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