Un réseau européen sous tension

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Un réseau européen sous tension

“La première panne liée à une surtension à l’échelle européenne” : voilà le constat inquiétant du rapport de l’ENTSO-E sur la méga-panne électrique qui a touché la péninsule Ibérique en avril dernier. Une simple surtension a suffi à faire vaciller un réseau entier.

Mais ce réseau, c’est aussi le nôtre. L’Europe continentale partage une même toile électrique, interconnectée par des lignes à très haute tension où l’électricité circule librement au gré des prix et des besoins.

Une prouesse technique, certes. Mais aussi une vulnérabilité géante : un incident à Lisbonne peut, demain, plonger la France entière dans le noir.

Peu importe l’origine de la défaillance — déséquilibre entre production et consommation, panne d’un poste, orage magnétique solaire ou erreur humaine. Ce que révèle l’incident ibérique, c’est la fragilité d’un système interconnecté qui dilue la responsabilité et affaiblit la souveraineté. La France ne peut plus se contenter de dépendre d’un réseau européen qui ne tient qu’à un fil.

Car la question n’est pas seulement technique : elle est politique. Avec l’essor des énergies renouvelables, par nature variables, et une demande toujours plus forte — IA, data centers, véhicules électriques — notre réseau est sous pression constante.

Face à ce constat, une seule voie s’impose : retrouver la souveraineté sur notre réseau énergétique. Cela passe par un réseau national résilient, une stratégie de production pilotable et bas carbone, et surtout la reconquête de nos savoir-faire. La recherche, l’innovation et la maîtrise technique doivent redevenir des priorités nationales.

Parce qu’un pays qui ne contrôle plus son électricité ne contrôle plus son avenir.


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