Un salon vachement politique

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Un salon vachement politique

Sans un seul bovin dans les allées, le Salon de l’Agriculture 2025 n’en a pas moins été un rendez-vous politique chargé, entre boycott syndical, invasion de stand et revendications sur la souveraineté alimentaire.

Un salon sous tension, sans bovins mais avec des débordements

Le Salon de l’Agriculture a ouvert ses portes le samedi 21 février dans des conditions inédites : aucun bovin n’était présent, écarté en raison de risques sanitaires liés à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). L’événement n’en reste pas moins un marqueur important de la vie politique sous la Ve République. Devenu rendez-vous annuel incontournable, il bénéficie d’une médiatisation intense, portée par l’ouverture traditionnelle assurée par le président de la République et la venue des chefs des principaux partis, soucieux de projeter une image de proximité avec le monde rural.

Mais le Salon souffre depuis plusieurs années de débordements liés à la consommation excessive d’alcool. Cette édition n’a pas fait exception : une violente altercation a éclaté le dimanche 22 février entre visiteurs et exposants, conduisant à l’interpellation de quinze personnes, dont deux employés d’un stand. Ces incidents s’inscrivent dans une tendance récurrente : en 2023, les abus avaient contraint les organisateurs à fermer les portes deux heures avant l’heure prévue ; depuis 2015, les soirées nocturnes, jadis ouvertes jusqu’à 23 heures, ont été supprimées pour les mêmes raisons.

Une fréquentation en chute, des revendications en hausse

La fréquentation a accusé cette année une baisse historique de 27,9 %, vraisemblablement liée à l’absence des bovins, mais peut-être aussi aux débordements devenus récurrents. Pour autant, la dimension politique de l’événement n’en a pas souffert.

La Confédération Paysanne a marqué l’édition de deux actions symboliques fortes : le boycott de l’inauguration par le président Macron, et l’investissement du stand de l’Union européenne (UE), afin de dénoncer la gestion gouvernementale de la crise de dermatose nodulaire contagieuse et la signature du traité de libre-échange avec le Mercosur. Dans un contexte tendu, alimenté par les scandales sanitaires et les mobilisations paysannes de ces derniers mois, le Salon a confirmé son statut de thermomètre de la crise agricole.

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Les symptômes d’une crise agricole profonde

Les paysans présents au Salon fulminent contre la stratégie d’abattage total des troupeaux imposée par le gouvernement pour enrayer l’épizootie.

« On a rencontré le gouvernement plusieurs fois en amont du salon, et nous n’avons reçu aucune réponse satisfaisante à nos revendications »

, dénonce Stéphane Galais, porte-parole de la Confédération Paysanne. La signature de l’accord avec le Mercosur est vécue, elle, comme un coup de force après des mois de mobilisation, qui avaient pourtant mis en lumière les risques que cet accord fait peser sur les agriculteurs français.

Ce sont là deux symptômes d’une crise agricole plus vaste, qui touche également le niveau de vie des agriculteurs, les conséquences du dérèglement climatique et la question de la souveraineté alimentaire.

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Les communistes portent leurs propositions

La venue de Fabien Roussel le 24 février a été l’occasion de porter la voix des communistes. Il y a délivré un message de confiance envers le monde agricole :

« Il faut faire confiance aux agriculteurs, comme on a confiance en nos soignants, nos enseignants. Ils sont indispensables. »

Le secrétaire national du PCF en a profité pour mettre en avant la proposition du parti de « former et accompagner 100 000 jeunes vers le métier d’agriculteur d’ici à 2035 », et pour rappeler la nécessité de combattre les accords de libre-échange afin de défendre la souveraineté alimentaire. Il a ainsi réaffirmé le mot d’ordre du PCF :

« De la fourche à la fourchette, une meilleure répartition de la valeur ajoutée. »

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Ces revendications sont plus actuelles que jamais : un nouvel accord de libre-échange est actuellement en négociation entre l’UE et l’Australie, menaçant une fois de plus la filière bovine française.


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