Zohran Mamdani : que fêtons-nous ?

publié le dans
Zohran Mamdani : que fêtons-nous ?

L’élection de Zohran Mamdani à la mairie de New York est une bonne nouvelle. Que ce soit pour les New-Yorkais, pour les travailleurs, ou pour toutes celles et ceux qui espèrent voir battre la droite trumpiste. Dans la limite de ses pouvoirs, il pourra essayer d’améliorer le quotidien des habitants et montrer qu’une autre politique est possible. 

Deux choses sont insupportable dans la manière dont cette victoire est commentée en France.

D’abord, l’obsession de certains médias et même d’une partie de la gauche pour sa religion. On salue « le premier maire musulman de New York » comme s’il s’agissait là de l’essentiel. L’Histoire de la laïcité occidentale s’est en grande partie construite dans la lutte contre la domination politique et morale de l’Église catholique, évidemment. Cela ne rend pas pour autant les autres religions émancipatrices ! Être de gauche, c’est refuser toute forme d’aliénation, qu’elle vienne du capital, du patriarcat ou d’une quelconque croyance irrationnelle. La religion du maire de New York, je m’en fous !

Ensuite, une partie de la gauche semble se satisfaire de tenir quelques grandes métropoles pendant que l’extrême droite progresse partout ailleurs. Comme si les habitants des villes moyennes ou des petites communes étaient condamnés à voter Le Pen. Comme si ces électeurs étaient perdus pour de bon, ou trop « arriérés » pour comprendre les discours de gauche. Ce discours pue la résignation et même le mépris de classe. Il y’en a marre de cette gauche qui se félicite du lien entre diplôme obtenu et vote de gauche. Il y’en a marre de cette gauche qui regarde de haut celles et ceux qui subissent le plus durement les inégalités, le déclassement et l’abandon des services publics.

Nous devons parler à tout le monde, sans demander le vote d’avant, sans juger les colères populaires. Sortons de nos zones de confort, allons convaincre, reconstruisons la conscience de classe. Cela commence par l’humilité et la conviction que nous pouvons gagner, pas simplement maintenir péniblement la porte d’entrée fragile d’une citadelle assiégée.


Édition hebdomadaire

Mêmes rubriques