Paris se lève pour le Venezuela

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Paris se lève pour le Venezuela

C’est au matin du 3 janvier que les Françaises et les Français ont pris la mesure de l’agression étasunienne qui s’est abattue sur le Venezuela durant la nuit. Après une première vague de bombardements terrestres survenue aux abords de Noël, les frappes américaines ont de nouveau visé le pays, touchant Caracas ainsi que les États de Miranda, d’Aragua et de La Guaira. Vers 10 heures (heure de Paris), Donald Trump revendiquait sur son réseau social Truth Social l’enlèvement du président Nicolás Maduro et de son épouse, Cilia.

Le choc, le dégoût, la colère gagnent alors une partie de la jeunesse française face au bâillonnement d’un peuple entier, à l’autre bout du monde, dont le seul crime est d’avoir refusé de se soumettre, d’avoir résisté à l’empire. Très vite, la nécessité de se mobiliser à Paris s’impose. Un premier rassemblement de solidarité est annoncé pour 15 heures dans le 8ᵉ arrondissement, aussitôt relayé par le Parti communiste français (PCF) et le Mouvement jeunes communistes de France (MJCF). Finalement annulé, l’appel est déplacé : c’est place de la République, à 18 heures, que les militants convergent.

« Yankee, go home » : la jeunesse parisienne en résistance

Il fait déjà nuit lorsque les premiers militants arrivent sur la place. Certains se retrouvent, échangent, se souhaitent — non sans ironie — la bonne année. Rapidement, plusieurs milliers de Parisiens affluent. Dans le froid, des nuées de drapeaux rouges se déploient. Les visages sont fermés, marqués par la colère et le dégoût.

Depuis le haut de la statue, un drapeau étasunien est brûlé. Sur une pancarte, un message résume l’essentiel des mots d’ordre de la soirée : « Yankee, go home ! »

Le froid est vif, mais les militants se réchauffent en scandant des slogans de liberté et de paix : « Guerre à la guerre ! », « À bas l’impérialisme ! », « Libérez Maduro ! ». Puis, soudain, un chant s’élève : « El pueblo unido jamás será vencido » (« Le peuple uni jamais ne sera vaincu »). Écrite par le groupe chilien Quilapayún en soutien à Salvador Allende avant le coup d’État de la CIA de septembre 1973, cette chanson est devenue l’hymne de l’anti-impérialisme en Amérique du Sud, un continent marqué par deux siècles d’ingérences et par la « doctrine Monroe ».

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Sur place, l’indignation est immédiate. Nombreux sont ceux qui racontent avoir appris la nouvelle dès le matin, d’abord par bribes sur les réseaux sociaux, avant que les déclarations officielles de Washington ne viennent confirmer la gravité de la situation. « Les États-Unis se comportent en voyous, sans limites », lâche l’un des manifestants. Pour lui comme pour d’autres, la réponse dépendra de la capacité à se mobiliser ici, et notamment chez les jeunes.

Un peu plus loin, une participante explique avoir suivi les événements sur son téléphone avant de chercher comment agir concrètement. Les appels à la mobilisation ont fait le reste. « Ça m’a semblé évident d’être là », confie-t-elle. Être présente ce soir, dit-elle, c’est refuser la violence impérialiste et affirmer une solidarité internationale depuis un pays qui vit en paix. « Être solidaire depuis la France, c’est faire front face à la violation du droit international et affirmer notre soutien aux peuples opprimés. »

Solidarité internationale et front politique

À travers ce rassemblement, les manifestants entendent adresser un message clair au peuple vénézuélien : celui d’un soutien sans ambiguïté, d’une unité internationale et d’un refus net des logiques impérialistes.

Au pied de la statue de la République, une grande tribune a été installée. Les prises de parole politiques et associatives s’y succèdent. L’ambassade du Venezuela remercie les Parisiens mobilisés et rappelle la nécessité de l’union des peuples. Nadja, coordinatrice nationale du Mouvement jeunes communistes de France (MJCF), en appelle à la Résistance et à la construction d’un front uni pour la paix, le respect du droit international et la souveraineté des peuples.

Charlotte Balavoine prend ensuite la parole pour le Parti communiste français (PCF), dont elle est responsable de la campagne de solidarité avec Cuba, également visée par les ambitions étasuniennes depuis 65 ans. Elle dénonce la réaction soumise du président Macron : « Nous ne sommes pas le paillasson des États-Unis ! » clame-t-elle, avant de rappeler que la violation d’un État souverain concerne toutes et tous, y compris en Europe. « Si nous laissons faire ce qui se passe au Venezuela, comme nous avons laissé le génocide se dérouler à Gaza, alors personne n’est à l’abri ! »

Ce rassemblement a rappelé une évidence trop souvent oubliée : la solidarité n’a pas de frontières. À des milliers de kilomètres de Caracas, des voix se sont levées pour dire non à la loi du plus fort et oui à l’unité des peuples. Dans les chants, les drapeaux et les mots partagés, une conscience collective s’est affirmée. Cette soirée n’était pas une fin, mais un commencement. Partout où l’impérialisme prétend imposer le silence, la réponse s’organisera. Et de Paris à Caracas, la même certitude demeure : les peuples unis ne seront jamais vaincus.


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